vendredi 16 février 2018

Le Christ au désert, homélie

Jésus après son baptême s'est rendu au désert. Dans le jeûne il s'est préparé à sa mission publique. Il a certainement longuement prié et vécu dans l'intimité de son Père. Il a aussi affronté Satan et a triomphé des tentations et des suggestions diaboliques. En ce carême, nous sommes invités à aller au désert en compagnie du Christ pour y rencontrer Dieu et vaincre les forces du mal.
D'abord ce carême est un temps où nous devons revenir à Dieu de tout notre cœur. Le carême est le temps liturgique par excellence de la retraite de l’Église. Voici ce qu'on peut lire dans le prophète Osée : Maintenant je vais la séduire ; je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur. Dieu ici parle à son peuple, personnifié par l'épouse infidèle. Le carême doit être pour chacun d'entre nous un temps de solitude et de silence. Nous devons passer ce temps dans la solitude de la prière, un cœur à cœur avec le Seigneur. Nous devons cultiver le silence intérieur afin d'entendre la voix de Dieu qui nous parle au plus intime de notre conscience. Le cardinal Sarah, venu visiter récemment notre pays, a écrit un livre intitulé La Force du silence. Si nous ne savons pas faire taire en nous toutes les voix du monde et de la chair, nous ne serons pas capables de communier avec Dieu dans l'écoute de sa Parole. Or c'est ce que Dieu veut pour nous, que nous puissions l'entendre nous dire l'essentiel, l'éternel. Cet essentiel est qu'il nous aime et veut nous donner le vrai bonheur, la vraie vie, la vie éternelle. Et qu'il attend de nous en retour notre amour et notre fidélité.

jeudi 1 février 2018

Chandeleur, homélie prononcée en 2014

La fête de ce jour a reçu plusieurs dénominations, qui toutes évoquent un aspect essentiel du mystère célébré. Dans la tradition liturgique grecque, on parle de l'hypapante, mot grec qui signifie la rencontre, rencontre entre Jésus et Siméon, mystère de Dieu qui vient à la rencontre de son peuple. La liturgie latine parle de présentation du Seigneur au Temple: au début de sa vie, Jésus s'offre à son Père, pour le salut du monde, et il le fait par les mains de sa mère. On parle aussi de la Purification de Notre-Dame, pour rappeler que la sainte famille a observé les rites de purification, prévus par la loi mosaïque pour une femme qui a enfanté. Grand mystère: celui qui a donné la loi à Moïse sur le Sinaï se soumet lui-même à la loi et démontre ainsi qu'il veut vraiment partager la vie religieuse de son peuple. On parle enfin de chandeleur, pour rappeler que le Christ est la lumière qui brille dans nos ténèbres humaines.

samedi 27 janvier 2018

Réflexions sur l'unité des chrétiens

En conclusion de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens, le père Jean Geysens, moine de Chevetogne, a fait part de ses réflexions à sa communauté monastique, par une causerie dont nous avons le plaisir de vous donner le texte.

Le passage de l'évangile proposé pour ce dernier jour vient de Jean 17. Il y a un beau petit n° du Catéchisme de l'Eglise Catholique à cet égard : Dans cette prière Pascale, sacrificielle, tout est récapitulé en Lui : Dieu et le monde, le Verbe et la chair, la vie éternelle et le temps, l'amour qui se livre et le péché qui le trahit, les disciples présents et ceux qui croiront en Lui par leur parole, l'abaissement et la gloire. Elle est la prière de l'Unité (n° 2748). Précisément : de quelle unité s'agit-il dans la prière dite sacerdotale du Christ, cité très souvent en contexte œcuménique ? Jusqu'aux premières décennies du XXème siècle, ces paroles (surtout le vs. 21) ont été comprises surtout comme une prière pour l'union de l'homme avec Dieu. Il s'agit d'une unité qui s'enracine en Dieu. Etre ancrés, enracinés, en Dieu, ainsi est la préoccupation principale de Jésus dans cette partie du discours d'adieu. L'unité entre les hommes et entre les disciples en particulier ne pourra devenir effective que si elle est basée sur ce qui est essentiel dans la foi, à savoir : l'union à Dieu, qui est la condition pour arriver à l'unité en Dieu.

mercredi 3 janvier 2018

Épiphanie homélie

Le Bon Dieu a voulu que les mages viennent à la crèche. Il les a appelés et conduits miraculeusement. Des mages païens, à la suite des bergers de la nuit de Noël, qui eux étaient juifs. Ainsi le divin Messie est né non seulement pour les juifs mais aussi pour tous les peuples de la terre. Le Bon Dieu veut être connu et aimé de tous les hommes. Aucun n'est exclu. L'épiphanie est une fête qui nous rappelle l'importance de l'évangélisation. Pensons à tous les peuples de l'Asie, Chine, Indes et Japon, qui ne connaissent pas encore le Christ. Petit à petit, ils vont s'ouvrir au message de l’Évangile. Pensons aussi aux musulmans. Il y a maintenant des musulmans qui se convertissent au Christ. Plutôt que d'avoir peur des islamistes, nous devrions courageusement annoncer Jésus-Christ et son message de paix et d'amour. Un chef religieux musulman en Algérie se plaignait à un prêtre catholique : pourquoi ne nous parlez-vous pas davantage du Christ ? Il y a une soif de découvrir Jésus-Christ chez plus de musulmans qu'on le croit.

samedi 23 décembre 2017

Noël 2017 homélie

C'est Noël ! Partout dans le monde chrétien, des crèches de Bethléem s'offrent à notre regard et à notre contemplation. Qu'elles soient napolitaines, provençales ou d'autres pays encore, la même scène ravissante est devant nous : l'Enfant Jésus dans la mangeoire, Marie et Joseph en adoration, l'âne et le bœuf, les bergers avec leurs agneaux, les mages avec leurs présents, et dans le ciel le chœur des anges qui chantent la Gloire de Dieu et la paix sur la terre. Un Dieu éternel s'est fait petit enfant parmi nous.
Qui ne sait qu'un enfant pardonne facilement? Noël c'est bien cela d'abord : Dieu offre son pardon à l'homme dans le sourire d'un enfant. Dieu pardonne facilement, comme seul un enfant sait le faire. Et comme le pape François aime le dire, quand Dieu pardonne, il oublie vraiment. C'est là du reste le motif le plus profond du secret rigoureux de la confession, auquel le prêtre est tenu. Comment un prêtre pourrait-il se souvenir de choses que Dieu lui-même a oubliées ? A nous d'accepter avec la même simplicité enfantine ce pardon divin et goûter ainsi la paix de ce jour, et la réconciliation définitive entre Dieu et l'humanité.

samedi 9 décembre 2017

La femme courbée, homélie

Homélie pour le 27e dimanche après la pentecôte, dans le rite byzantin.

L'évangile de ce matin nous parle d'une femme, liée par Satan depuis 18 ans, une femme qui ne peut se redresser, qui est courbée, incurvée vers le sol, et que Jésus va redresser et délier. Les juifs avaient l'habitude d'utiliser le terme délier pour signifier le pardon, la remise des péchés et de nos dettes envers Dieu. Lorsqu'une âme reçoit le pardon de Dieu, elle est en effet déliée des liens du péché.
Cette femme représente bien, est le symbole de la nature humaine, tombée dans le péché depuis la chute originelle, dont nous parle le chapitre trois de la Genèse. Notre pauvre humanité, lorsqu'elle est séparée de Dieu est en effet tournée entièrement vers les choses de la terre et incapable de regarder le ciel, vers Dieu et les réalités éternelles. Cet homme, appelé à l'origine à la communion avec Dieu est devenu un esclave des choses de ce monde. Satan fait tout pour nous détourner de Dieu et du ciel et nous faire rechercher uniquement un bonheur terrestre. L’œuvre du Christ, venu parmi nous détruire le travail de Satan, sera justement de nous redresser et de tourner à nouveau notre regard vers Dieu et l'éternité.
Nous venons de célébrer, il y a deux jours, la fête de l'Immaculée Conception. Marie est celle qui dès le début de son existence a été tournée vers Dieu, toute ouverte à Dieu. Par la grâce de l'immaculée conception, Dieu s'est préparé une demeure toute pure, toute sainte, immaculée, pour l'accueillir pour sa venue parmi nous. La grâce de Dieu, qui vient de la mort du Christ, a agi en Marie de façon unique et plus puissante que chez nous. En Marie, une préservation, chez nous, une purification et une guérison.

mercredi 22 novembre 2017

Entrée au temple de la Mère de Dieu, homélie

La fête du 21 novembre s'appelle dans le rite byzantin l'Entrée au temple de la Mère de Dieu. L'homélie qui suit a été prononcée dans l'église orientale du monastère de Chevetogne, toute ornée de fresques, et selon l'usage local juste avant la communion des fidèles, ce qui explique certains détails de cette prédication.

Dans l'année liturgique byzantine, il y a au centre Pâques, qui est la fête des fêtes. Et autour de cette solennité centrale, il y a une constellation de 12 fêtes, un peu comme la couronne de 12 étoiles sur la tête de la femme de l'apocalypse : 9 fêtes du Seigneur et 3 de la Mère de Dieu. Elles sont toutes présentes dans les fresques de la nef centrale de notre église, les trois fêtes mariales se trouvant sur le mur occidental de cette nef : la nativité de Marie, la Dormition et l'entrée au temple de la Mère de Dieu. Si les fêtes du Seigneur sont basées sur le Nouveau Testament, ce n'est pas le cas des 3 fêtes mariales, qui sont inspirées par les écrits apocryphes. Récit apocryphe ne signifie pas récit faux, mais un texte qui n'a pas été incorporé dans le canon des Écritures saintes. Ce sont des textes qui proviennent des premières générations chrétiennes, en particulier des communautés issues du judaïsme, et qui expriment les croyances et la piété de ces communautés.