samedi 9 décembre 2017

La femme courbée, homélie

Homélie pour le 27e dimanche après la pentecôte, dans le rite byzantin.

L'évangile de ce matin nous parle d'une femme, liée par Satan depuis 18 ans, une femme qui ne peut se redresser, qui est courbée, incurvée vers le sol, et que Jésus va redresser et délier. Les juifs avaient l'habitude d'utiliser le terme délier pour signifier le pardon, la remise des péchés et de nos dettes envers Dieu. Lorsqu'une âme reçoit le pardon de Dieu, elle est en effet déliée des liens du péché.
Cette femme représente bien, est le symbole de la nature humaine, tombée dans le péché depuis la chute originelle, dont nous parle le chapitre trois de la Genèse. Notre pauvre humanité, lorsqu'elle est séparée de Dieu est en effet tournée entièrement vers les choses de la terre et incapable de regarder le ciel, vers Dieu et les réalités éternelles. Cet homme, appelé à l'origine à la communion avec Dieu est devenu un esclave des choses de ce monde. Satan fait tout pour nous détourner de Dieu et du ciel et nous faire rechercher uniquement un bonheur terrestre. L’œuvre du Christ, venu parmi nous détruire le travail de Satan, sera justement de nous redresser et de tourner à nouveau notre regard vers Dieu et l'éternité.
Nous venons de célébrer, il y a deux jours, la fête de l'Immaculée Conception. Marie est celle qui dès le début de son existence a été tournée vers Dieu, toute ouverte à Dieu. Par la grâce de l'immaculée conception, Dieu s'est préparé une demeure toute pure, toute sainte, immaculée, pour l'accueillir pour sa venue parmi nous. La grâce de Dieu, qui vient de la mort du Christ, a agi en Marie de façon unique et plus puissante que chez nous. En Marie, une préservation, chez nous, une purification et une guérison.

mercredi 22 novembre 2017

Entrée au temple de la Mère de Dieu, homélie

La fête du 21 novembre s'appelle dans le rite byzantin l'Entrée au temple de la Mère de Dieu. L'homélie qui suit a été prononcée dans l'église orientale du monastère de Chevetogne, toute ornée de fresques, et selon l'usage local juste avant la communion des fidèles, ce qui explique certains détails de cette prédication.

Dans l'année liturgique byzantine, il y a au centre Pâques, qui est la fête des fêtes. Et autour de cette solennité centrale, il y a une constellation de 12 fêtes, un peu comme la couronne de 12 étoiles sur la tête de la femme de l'apocalypse : 9 fêtes du Seigneur et 3 de la Mère de Dieu. Elles sont toutes présentes dans les fresques de la nef centrale de notre église, les trois fêtes mariales se trouvant sur le mur occidental de cette nef : la nativité de Marie, la Dormition et l'entrée au temple de la Mère de Dieu. Si les fêtes du Seigneur sont basées sur le Nouveau Testament, ce n'est pas le cas des 3 fêtes mariales, qui sont inspirées par les écrits apocryphes. Récit apocryphe ne signifie pas récit faux, mais un texte qui n'a pas été incorporé dans le canon des Écritures saintes. Ce sont des textes qui proviennent des premières générations chrétiennes, en particulier des communautés issues du judaïsme, et qui expriment les croyances et la piété de ces communautés.

dimanche 19 novembre 2017

Crise actuelle de l'Eglise et Fatima

Une lectrice m'a fait part à nouveau de ses réflexions sur ma position sur la question du pape qui enseignerait l'erreur et me parle à ce sujet de la consécration de la Russie demandée à Fatima. Je vous partage la brève réponse que je lui ai faite:

Dans son livre très documenté, François et Jacinthe de Fatima, Editions de l'Emmanuel 2010, le Père Jean-François de Louvencourt, moine cistercien de Rochefort, montre, avec références solides à l'appui, que selon sœur Lucie de Fatima, la consécration de la Russie, a été réalisée par saint Jean-Paul II, le 25 mars 1984: pages 203 à 205 de cet ouvrage. 4 ans plus tard, le communisme s'effondrait d'une façon miraculeuse. Nous attendons encore le triomphe du Cœur immaculé de Marie et le temps de paix qui sera donné au monde. Le pape actuel a consacré son pontificat à Notre-Dame de Fatima! Je ne sais comment comprendre cela dans le contexte du trouble actuel. Les voies de Dieu sont impénétrables. Mais pourquoi ne pas espérer que c'est sous ce pontificat qu'adviendra le triomphe tant espéré.

samedi 18 novembre 2017

Vigilance et parabole des talents, homélie 33e dimanche A

Dans l'épître de ce dimanche, saint Paul nous fait cet avertissement : Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Autrement dit le Seigneur peut venir à un moment où on ne l'attend pas. Nous devons être toujours prêts, gardés notre esprit éveillé, tourné vers le Seigneur. Le diable peut induire notre esprit à faire de faux raisonnements. Si quelqu'un se trouve dans une tentation grave, il peut faire le faux raisonnement suivant : Voilà, cette tentation est trop dure, je ne puis y résister, je vais donc céder et faire le mal.

dimanche 12 novembre 2017

Parabole des vierges, homélie 32e dimanche A

Homélie du Père Jean Geysens, moine de Chevetogne

Frères et soeurs dans le Seigneur,
Cette parabole nous entraîne dans une atmosphère typique du Proche-Orient : une fête de noce qui va durer plusieurs jours, avec des filles en cortège, un jeu de contraste entre l'obscurité de la nuit et la lumière des lampes. Prise à la lettre le tableau est difficile à représenter : les filles partent d'où ? Quelle est la distance à parcourir avec l’Époux jusqu'à la fameuse salle ? Où est l'épouse, on en parle même pas ? Où sont les garçons d'honneur ? C'est un peu confus...car justement, c'est une parabole, dont il faut essayer de saisir le message essentiel. Mais comme j'ai dit, il faut se plonger dans un milieu oriental, Sémitique, Arabe ou Juif, pour saisir le milieu de vie dans lequel Jésus raconte.

lundi 6 novembre 2017

Prier devant le Saint-Sacrement

S'il y a une chose dans le catholicisme qui me tient particulièrement à cœur, au point que je n'envisagerai jamais de rejoindre une autre confession chrétienne, c'est la grâce qui nous est offerte de prier devant le Saint-Sacrement. Cela n'existe que dans le catholicisme. Les protestants et les orthodoxes ne connaissent nullement ce type de prière. Nous avons la tradition de l'adoration eucharistique ou celle de la visite au Saint-Sacrement et à nouveau, après une certaine éclipse, ce type de dévotion connaît un regain de faveur et je m'en réjouis. Cela peut être l'exposition du Saint-Sacrement ou tout simplement le tabernacle.

samedi 4 novembre 2017

Jésus critique les scribes, homélie 31e dimanche A

Dans les reproches que Jésus fait aux scribes et aux pharisiens, il dit entre autres ceci : Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas remuer les doigts. Ces reproches s'adressent de nos jours aux pasteurs qui auraient tendance à être durs, trop rigides, à manquer de miséricorde. Or la vocation des prêtres est très belle : être des instruments pour les âmes de la divine Miséricorde.
Saint Paul dans l'épître dit au contraire : Frères, nous avons été pleins de douceur avec vous, comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons. Et puis j'aime beaucoup cette parole de Notre-Seigneur : Venez à moi, vous tous qui peinez, qui êtes surchargés, et je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé et ma charge légère.