vendredi 30 décembre 2016

Octave de Noël

En cette octave de Noël, nous sommes invités à vivre dans la contemplation de la crèche. La crèche est une scène sublime qui nous parle de l'amour, de la miséricorde et de la tendresse de Dieu. Le petit enfant que nous voyons couché sur la paille est le Fils de Dieu, qui s'est fait l'un de nous, qui est venu chez nous afin de nous sauver et de nous rendre éternellement heureux. L'enfant Jésus nous regarde avec ses petits yeux, il nous sourit, il nous tend ses petites mains pour nous embrasser. Il est tout amour pour chacun d'entre nous. Saint Bernard a dit cette parole pleine de douceur au sujet de la crèche : Qui de nous ne sait qu'un enfant pardonne facilement ? Jésus, le Tout-Puissant, s'est fait enfant pour que nous n'ayons plus peur de Dieu. Il désire que nous ayons avec lui une relation d'amitié, de familiarité, de confiance et d'intimité. Nous devons le regarder en silence, afin que notre cœur soit semblable au sien, rempli de douceur, de bonté et de miséricorde, ces vertus qui font cruellement défaut dans le monde d'aujourd'hui. Nous sommes appelés à recevoir cet amour, à nous laisser envelopper par lui et à le répandre autour de nous. La paix de Noël, chantée par les anges à Bethléem, sera alors dans notre cœur et elle sera un peu plus présente dans le monde.
Il y a un autre élément important dans l'évangile de Noël : les bergers. Ceux qui furent choisis pour venir à la crèche, ce sont des petits, des humbles, des pauvres. Dans la prière, nous pouvons nous aussi nous tenir spirituellement dans la crèche, au milieu des bergers. Simplement être là, en présence de l'enfant Jésus, avec notre pauvreté, notre misère, notre mal être et même avec notre péché. Nous pouvons donner notre péché à l'enfant de Bethléem, pour qu'il nous punisse en nous embrassant, en répandant dans notre cœur la douceur de son amour. Notre attitude profonde dans la crèche doit être l'humilité. Demandons à Jésus de redevenir des enfants et d'entrer ainsi dans son Royaume.
La contemplation de la crèche est une tradition nourrissante spirituellement. Beaucoup de saints l'ont pratiquée et recommandée. Prenons le temps de rester nous aussi dans la crèche de Bethléem et nous serons étonnés de voir la transformation que nous apportera cette contemplation simple et silencieuse.  

lundi 19 décembre 2016

Marthe Robin et Amoris laetitia

Dans les débats qui continuent à agiter l'Eglise au sujet de l'interprétation d'Amoris laetitia, j'aimerais apporter une note éclairante, susceptible d'élever le discernement spirituel. Il s'agit d'un propos de Marthe Robin. 

Le voici:
Quelqu'un a dit: on trouve des chrétiens qui communient tous les jours et qui sont en état de péché mortel, mais on ne trouve jamais une âme qui fasse oraison tous les jours et qui demeure dans le péché.

dimanche 4 décembre 2016

Les deux avènements du Christ: homélie pour le deuxième dimanche de l'avent

Ce que dit saint Jean Baptiste à la fin de l'évangile d'aujourd'hui est à rapprocher de la lecture du prophète Isaïe et concerne à la fois la venue du Fils de Dieu, par le mystère de son incarnation, il y a 2000 ans, et son retour dans la gloire à la fin des temps : Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s'éteint pas.
Le prophète Isaïe lui nous annonce la première venue du Christ : Sur lui reposera l'esprit du Seigneur. Ensuite il nous parle du monde à venir, celui qu'inaugurera le retour en gloire du Christ, et nous le décrit comme un monde paradisiaque, dans lequel le mal n'existera plus, ce qui est entre autres symbolisé par la cohabitation pacifique des animaux, qui ne se dévoreront plus les uns les autres : Le loup habitera avec l'agneau... Il n'y aura plus de mal ni de corruption sur ma montagne sainte...
Dans sa première venue le Christ nous a obtenu en effet la grâce sanctifiante et toutes les grâces actuelles pour pouvoir sauver notre âme. Il a institué les sacrements pour nous communiquer sa grâce. D'autre part la prière est le moyen assuré pour nous sauver, car elle est appuyée sur les mérites infinis du Christ. A la pentecôte, le Seigneur a baptisé son Église dans l'Esprit et le feu. Ainsi grâce à la première venue du Christ, nous sommes maintenant réellement sur le chemin du salut éternel.

samedi 26 novembre 2016

Le retour en gloire de Jésus: Homélie pour le premier dimanche de l'avent

Nous voici à nouveau au début de l'avent. Le temps de l'avent nous prépare à la grande fête de Noël, qui sera célébrée dans un peu moins d'un mois. Le mot adventus en latin est un terme qui désigne l'avènement d'un nouveau roi. Nous nous préparons donc à la venue du roi des cieux parmi nous.
On pourrait résumer en trois phrases ce mystère : Jésus est venu, Jésus vient et Jésus reviendra.
Jésus est venu visiblement parmi nous lorsqu'il est né dans la crèche : une naissance dans l'humilité et la pauvreté. Devant le mystère de la crèche, saint Bernard a eu cette formule particulièrement encourageante pour nous : Il n'est personne qui ne sache que l'enfant pardonne facilement. Oui Dieu s'est fait pour nous petit enfant pour que nous n'ayons plus peur de lui et que nous croyions plus facilement en un Dieu qui pardonne. L'Enfant Jésus est notre ami et notre frère et il est en même temps notre Seigneur, notre roi et notre Dieu.
Jésus maintenant ne cesse de venir vers nous invisiblement dans le mystère de l'eucharistie. Par le mystère de la consécration, il est vraiment présent au milieu de nous sur l'autel. Il vient pour être notre consolateur et celui qui donne la vie à notre âme. Rendons grâce à Dieu de pouvoir participer ainsi aux saints mystères. Il a promis d'être avec nous jusqu'à la fin des temps et le fait de venir à la messe est le signe que nous sommes aimés de Dieu.

Menaces sur la messe

Je reviens d'un petit voyage en France, au cours duquel j'ai eu la joie chaque matin de concélébrer la messe avec un prêtre polonais. La célébration de la messe était impeccable: respect des textes et des rubriques, effacement du célébrant mettant ainsi le mystère en valeur, piété du prêtre et des fidèles, à genoux la plupart pendant la consécration et communiant de manière traditionnelle. Dans mes conversations avec les fidèles rencontrés, on a beaucoup parlé de ce qui se faisait dans d'autres paroisses. On m'a signalé tout un tas de fantaisies liturgiques, plus ridicules les unes que les autres. 
Deux visages d'Eglise me sont ainsi apparus: celui de la foi catholique et du bon sens, et celui de la désacralisation, de la sécularisation et d'un progressisme maladif et essoufflé.

lundi 14 novembre 2016

Une lettre de Soloviev

Voici un extrait particulièrement intéressant d'une lettre que Vladimir Soloviev écrivait en mai ou juin 1896 à Eugène Tavernier, un de ses amis parisiens. Elle pourrait bien illustrer ce que j'ai écrit récemment sur l’œcuménisme et sur l'antéchrist :

"Il n'y a que trois choses certaines attestées par la Parole de Dieu :
1° L’Évangile sera prêché par toute la terre, c'est-à-dire que la vérité sera proposée à tout le genre humain ou à toutes les nations ;
2° Le Fils de l'homme ne trouvera que peu de foi sur la terre, c'est-à-dire que les vrais croyants ne formeront à la fin qu'une minorité numériquement insignifiante et que la plus grande partie de l'humanité suivra l'Antéchrist ;
3° Néanmoins, après une lutte courte et acharnée, le parti du mal sera vaincu et la minorité des vrais croyants triomphera complètement. De ces trois vérités aussi simples qu'incontestables pour tout croyant, je déduis tout le plan de la politique chrétienne.

dimanche 13 novembre 2016

Homélie du 33ème dimanche, année C, Luc 21, 5-19

Miracle du soleil de Fatima
Notre Seigneur Jésus-Christ nous a annoncé les éléments principaux de l'histoire jusqu'à la fin des temps et son retour dans la gloire, les éléments qui sont importants pour ceux qui croiraient en lui.
Le premier, c'est qu'il apparaîtrait tout au long de l'histoire des faux prophètes. Nous devons être par conséquent sur nos gardes chaque fois qu'apparaît un nouveau leader religieux et discerner s'il est du Christ ou au contraire de l'antéchrist. Alors méfions-nous, si un évêque, un prêtre, un théologien nous parle beaucoup des droits de l'homme, des problèmes sociaux ou politiques, s'il en reste toujours à des points de vue psychologiques ou sociologiques, et ne parle jamais du ciel ou de l'enfer, du salut par la Croix du Christ, du péché et du jugement; il se pourrait bien que nous ayons à faire à l'un de ceux qui ne sont pas des nôtres, selon la formule nette de saint Jean.

samedi 12 novembre 2016

Les interviews du pape

Le Saint Père a l'habitude d'accorder régulièrement des interviews, soit dans l'avion lors de ces voyages, soit à des journaux en d'autres moments. La dernière en date, au P. Spadaro, a déjà fait couler beaucoup d'encre, notamment chez ceux qui s'intéressent à l'état de la liturgie dans l’Église latine.
Cette question de la liturgie me tient à cœur. Aussi je vous fait part de quelques impressions personnelles sur cette récente interview.
La première chose à dire, et qui relativise beaucoup de choses, est que ces interviews ne constituent pas des actes du magistère. Le pape ne parle pas ici à toute l’Église en tant que pape, pasteur et docteur universels. Il parle en tant que personne privée. Ses dires ne sont nullement dépourvus d'intérêt, car ils nous permettent de mieux connaître sa vision personnelle des choses, et la vérité peut toujours sortir du choc des idées. Mais les paroles du pape dans ce contexte n'ont pas la force contraignante des documents magistériels, comme la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium, l'instruction Liturgiam authenticam ou le motu proprio Summorum Pontificum.

La traduction du nouveau missel

Je voudrais vous proposer une traduction littérale, la plus fidèle possible à l'original latin, de quelques textes du missel romain actuel. Mon but est de vous faire savourer les prières liturgiques romaines et de montrer ainsi que malheureusement les traductions actuellement en usage vont toujours dans le sens d'un affadissement. Puisse le travail actuel en vue d'une nouvelle édition du missel français ne pas nous décevoir et nous donner à l'avenir le bonheur de goûter toute la saveur d'une liturgie authentique.
Comparez ma traduction littérale avec les textes actuels de votre missel et jugez par vous-mêmes. Bien entendu il s'agit d'un mot à mot et cette traduction ne serait pas utilisable comme telle. Enfin si des latinistes plus compétents que moi décelaient des erreurs de ma part, je serais heureux qu'ils m'en fassent part et d'avance je les en remercie. Je soulignerai les principales différences.

jeudi 3 novembre 2016

Œcuménisme catholique

Dans cet article, je voudrais vous présenter quelques principes fondamentaux de l’œcuménisme catholique. Le Christ a prié pour l'unité de tous ceux qui croiraient en lui en faisant dépendre d'une certaine manière la conversion du monde de cette unité:  Ce n'est pas seulement pour eux que je prie, mais aussi pour ceux qui croiront en moi par leur parole, pour que tous soient un. De même que toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé (Jn 17, 20-21).
La Sainte Trinité est le modèle et la source de l'unité de l'Eglise. Soloviev disait que tant que dure la division de l'Eglise, les âmes sont certes sauvées, car la grâce ne cesse d'agir. Mais le monde n'est pas sauvé, car la division des chrétiens est un scandale pour la foi et empêche la conversion du monde.
Jésus a fondé une seule et unique Eglise, l'unam, sanctam, catholicam et apostolicam  Ecclesiam, que nous chantons dans le credo. Cette unique Eglise, il l'a confiée à Pierre et à ses successeurs. Le pape est la pierre sur laquelle, le Christ a bâti son Eglise. Le siège de Pierre, que l'histoire a placé à Rome, est le centre vivant de l'unité catholique. L'Eglise du Christ subsiste donc en tous ceux qui sont en pleine communion avec le Siège de Rome, comme l'a enseigné le concile Vatican II. Car dans l'Eglise romaine se sont conservés tous les éléments de vérité et de sanctification que le Christ a voulus pour son Eglise.

La messe en rite romain à Chevetogne

Le monastère de Chevetogne, communauté bénédictine qui prie pour l'unité des chrétiens, et qui dépend de la Congrégation pour les Eglises orientales à Rome, dont le titulaire est actuellement le cardinal argentin Sandri, a cette particularité d'avoir deux églises. Il y a une église orientale, datant de la fin des années Cinquante, entièrement ornée de fresques peintes par deux élèves du célèbre fresquiste grec Kontouglou, dans laquelle on célèbre le rite byzantin-slave. Il y a une église latine, consacrée par Mgr Léonard en 1993, dans laquelle se célèbre l'office monastique bénédictin et la messe en rite romain. Le monastère se trouve entre les deux églises, comme un trait d'union symbolique entre les deux poumons de l'Eglise universelle, l'orient et l'occident.

mercredi 2 novembre 2016

Fidélité aux papes et à la chaire de Pierre

Il m'arrive parfois de recevoir les confidences de certains dans lesquelles ils me disent leur souffrance et leur désarroi devant ce qui se passe dans l'Eglise et aussi leur perplexité face au pape actuel. Ce sont des gens profondément enracinés dans la foi catholique, mais qui risquent inconsciemment d'écouter la voix du diable, qui sait comment tenter les hommes en s'adaptant à leur psychologie. Il existe en effet ce qu'on appelle la tentation sub specie boni, sous l'apparence du bien. Lorsqu'il voit que certaines personnes sont insensibles aux tentations grossières, le diable les tente de manière beaucoup plus fine. Aussi je voudrais ici apporter à ces âmes un peu de paix et de lumière.
Il y a trois choses que le démon hait par-dessus tout: l'eucharistie, la Vierge immaculée, la papauté. L'eucharistie, car il cherche à abolir le sacrifice perpétuel. La Vierge, car il ne supporte pas d'avoir été vaincu par son humilité. La papauté, parce qu'elle le roc de l'Eglise et le principe d'unité dans l'amour de l'humanité nouvelle. Lorsqu'il voit qu'un catholique reste ferme dans son attachement à la messe et à la prière mariale, il va tenter de l'attaquer sur le point de sa fidélité au vicaire du Christ, et il va insinuer dans son esprit des doutes affreux sur le pape. Il me semble qu'il n'est nullement étonnant que de nos jours, où il y a une recrudescence de l'activité satanique, ceux qui sont des catholiques convaincus, fidèles entre les fidèles, soient plus exposés que d'autres à ce genre d'attaque démoniaque. En fin de compte, avoir des doutes sur le pape est le signe que l'on est justement un bon catholique et qu'on s'attire ainsi l'attaque perfide de Satan. C'est paradoxal sans doute mais si nous avions le discernement des esprits, nous verrions ici avec clarté toute la tactique du diable. Oui, à ceux qui sont dans le désarroi et le doute sur la question papale, je les rassure en disant que c'est un bon signe de la profondeur de leur catholicisme. Encore faut-il ensuite déjouer les ruses du démon. Soyez sobres et veillez. Votre ennemi, le diable rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. Résistez lui forts dans la foi, sachant que les mêmes souffrances arrivent à vos frères qui sont dans le monde (1 Pierre, 5, 8-9).

dimanche 30 octobre 2016

Guérison de la femme hémoroïsse et résurrection de la fille de Jaïre, homélie

L'homélie qui suit a été prononcée sur l'évangile du vingt-quatrième dimanche après la pentecôte dans le rite byzantin: la guérison de la femme hémoroïsse et la résurrection de la fille de Jaïre (Luc, 8, 41-56)

Le récit évangélique que nous avons entendu ce matin, et qui nous rapporte la guérison instantanée d'une femme ainsi que la résurrection d'une fille de 12 ans, se trouve dans les 3 évangiles synoptiques de Matthieu, Marc et Luc.
Dans les deux cas, ce qui est proposé à notre admiration, c'est la foi profonde en Jésus chez ceux qui demandent un miracle. Sans doute cette foi et cette confiance étaient basées sur ce qu'ils avaient pu entendre raconter au sujet de Jésus. Mais elle était surtout une grâce venue de Dieu. Dans la prière, nous devons avoir une totale confiance en Dieu, mais cette confiance est elle-même un fruit de la prière. Et nous devons sans cesse demander au Seigneur qu'il augmente en nous cette confiance.

Œcuménisme et Antéchrist

Vladimir Soloviev
Le grand penseur russe Soloviev, orthodoxe proche du catholicisme, a écrit un Court récit sur l'Antéchrist. 
Vous pouvez lire un résumé de cette oeuvre en cliquant ici: Court récit sur l'Antéchrist

Ce récit éclaire particulièrement la situation œcuménique actuelle, car il y a un vrai œcuménisme et il y a un faux œcuménisme. Le Seigneur Jésus a prié pour que tous ses disciples soient un. Le vrai œcuménisme est un effort pour arriver à une pleine unité visible dans la foi au Christ, seul Sauveur du monde, de tous ceux qui croient en lui. Il ne s'agit donc pas d'instaurer une nouvelle religion mais de revenir à la connaissance du Fils de Dieu.
Un pasteur, avec qui je parlais récemment, me disait son inquiétude de voir son Eglise envisager, par un vote "démocratique", de rendre facultatif le dogme de la Sainte Trinité. Sa même Eglise a récemment accepté le mariage homosexuel. 
Ainsi donc actuellement nous constatons un double mouvement: celui d'un rapprochement dans la foi entre les chrétiens divisés et celui d'une fuite en avant vers une nouvelle religion humaniste, mondialiste et vide de la foi chrétienne authentique. 

samedi 29 octobre 2016

L'Antéchrist

Voici ce que Mgr Fulton Sheen, célèbre conférencier de la télévision américaine, disait à propos de l'Antéchrist. Ces paroles sont d'une brûlante actualité.

L’Antéchrist ne sera pas appelé ainsi ; sinon, il n’aurait pas d’adeptes. Il ne va pas porter des collants rouges, ni vomir du soufre, ni porter un trident, ni agiter une queue fléchée comme Méphisto dans l’opéra de Faust. Cette mascarade a aidé le diable à convaincre les hommes qu’il n’existe pas. Quand personne ne le reconnaît, il exerce davantage de puissance.
Dieu s’est défini comme “Je suis celui qui suis” et le Diable comme “Je suis celui qui ne suis pas”.
Nulle part dans les Saintes Écritures nous ne trouvons caution au mythe populaire du Diable comme étant un bouffon qui est habillé comme étant le premier “en rouge”. Il est plutôt décrit comme un ange déchu du Ciel, comme “le Prince de ce monde” dont l’occupation est de nous dire qu’il n’y a pas d’autre monde. Sa logique est simple : s’il n’y a pas de Ciel, il n’y a pas d’enfer ; s’il n’y a pas d’enfer, alors il n’y a pas de péché ; s’il n’y a pas de péché, il n’y a donc pas de juge et s’il n’y a pas de jugement, alors le mal est un bien et le bien est un mal.

vendredi 28 octobre 2016

Le rosaire

Nous voici à la fin d'octobre, mois du rosaire. Aussi je vous invite à continuer à dire le rosaire, en tout ou en partie, seul ou en groupe, selon vos disponibilités. Pour vous y encourager, je vous rappelle ce que la Vierge, les papes ou les saints ont pu nous dire sur ce thème si important

mercredi 26 octobre 2016

La véritable Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise catholique

Un jeune homme me posait hier la question suivante: Comment être certain que l'Eglise catholique est la vraie Eglise du Christ? Voici la réponse que j'ai faite: De nos jours le diable assaille l'Eglise catholique, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Il cherche par tous les moyens à l'ébranler, à la ravager, à la détruire. N'est-ce pas la meilleure preuve que l'Eglise catholique, contre laquelle sa rage s'exerce, est la la véritable Eglise?

samedi 22 octobre 2016

Pensées consolantes sur le salut éternel

Voici à l'intention des personnes inquiètes et tourmentées, les paroles que Jésus adressait à sa servante Sœur Consolata Betrone, mystique capucine italienne, dont le procès en béatification a été ouvert en 1995 à Turin. Puissent ces paroles les apaiser et les encourager.

Le 15 décembre 1935, notre Seigneur lui dit : Il arrivera souvent, Consolata, que des âmes très religieuses, surtout de celles qui me sont consacrées, me blessent dans l’intime de moi-même par cette phrase défiante : « Qui sait si je me sauverai ? »

Ouvre l’évangile et tu verras ce que j’ai promis à mes brebis : « Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. »

As-tu compris Consolata ? Personne ne peut me ravir une âme.

Lis plus loin : « Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père.

As-tu compris Consolata ? Personne ne me ravira une âme… elles ne périront jamais, car je leur donne la vie éternelle.

mercredi 19 octobre 2016

La liturgie de saint Jean Chrysostome

C'est par cette bénédiction ou doxologie solennelle que débute la liturgie de saint Jean Chrysostome : Béni soit le règne du Père et du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Dans la manière de parler de l’Église orthodoxe, le terme de liturgie équivaut à ce que nous appelons chez nous la messe ou l'eucharistie. Nous allons aujourd'hui aller à la découverte de la manière dont les orthodoxes célèbrent l'eucharistie, le saint sacrifice.
Mais d'abord qui est saint Jean Chrysostome ? Un père de l'Eglise, qui fut archevêque de Constantinople au IVème siècle. Il fut un très grand prédicateur, d'où son surnom de Chrysostome, ce qui signifie en grec « bouche d'or ». Il fut célèbre entre autres par ses sermons contre les injustices sociales de son temps. Il est donc l'auteur de la prière eucharistique ou anaphore, ce que les catholiques appellent le canon de la messe, en usage depuis lors dans l’Église orthodoxe. Cette liturgie s'enrichit bien sûr dans les siècles qui suivirent. Mais depuis le XIVe siècle, elle n'a plus changé et s'est transmise jusqu'à maintenant. Elle est célébrée en grec, en slavon, en roumain, en arabe, mais aussi maintenant dans toutes les langues du monde, depuis que par l'émigration dans nos pays, l'orthodoxie s'est implantée en occident et dans toutes les parties du monde.

mercredi 12 octobre 2016

Les relations humaines à la lumière de l’Évangile, article à paraître dans la revue russe Radouga

Amour de Dieu et de nos frères

Dans sa première épître, l'apôtre Jean a ces mots très clairs : Celui qui dit : « J'aime Dieu », et qui hait son frère est un menteur. Car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit ne peut aimer Dieu qu'il ne voit pas. C'est là le commandement que nous tenons de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère (1 Jn 4, 20-21).
C'est donc nos relations avec les autres qui prouveront l'authenticité de notre relation à Dieu.
Voyons dès lors ce que nous devons faire pour assainir notre vie relationnelle, dans la lumière de l’Évangile. Jésus nous enseigne que c'est de l'intérieur, du cœur de l'homme que proviennent les mauvaises pensées, les mauvais désirs et toutes les fautes extérieures, commises avec la langue ou les membres du corps qui en découlent. Nous devons donc commencer par purifier notre intérieur, notre cœur.

samedi 8 octobre 2016

Soeur Josefa Menendez: Un Appel à l'Amour

Quelques paroles du Sacré-Cœur à sœur Josefa Menendez (extraites d'un Appel à l'Amour):

Je suis Dieu, mais Dieu d'amour. Je suis Père, mais un Père qui aime avec tendresse, non avec sévérité. Mon Cœur est infiniment saint, mais aussi infiniment sage et connaissant la misère et le fragilité humaine. Il s'incline vers les pauvres pécheurs avec une Miséricorde infinie.

J'aime les hommes après qu'ils ont commis leur premier péché, s'ils viennent humblement me demander pardon... Je les aime encore quand ils ont pleuré leur second péché et si cela se répète, Je ne dis pas un milliard de fois, mais des millions de milliards, Je les aime et leur pardonne toujours et Je lave dans le même Sang le dernier comme le premier péché.

Je ne Me lasse pas des hommes et mon Cœur attend sans cesse qu'ils viennent se réfugier en Lui, et cela d'autant plus qu'ils sont plus misérables. Un Père n'a-t-il pas plus soin de l'enfant qui est malade que de ceux qui se portent bien? Ainsi mon Cœur répand sur les pécheurs avec plus de largesse encore que sur les justes, sa compassion et sa tendresse.

dimanche 25 septembre 2016

Absence

Je suis absent jusqu'au 5 octobre, pour un temps de prière et de repos. Pas d'Internet là où je vais. Prière de me contacter après cette date. Je pense bien à vous tous.

La Prière première partie

Ce thème me tient particulièrement à cœur. La prière est nécessaire au salut. Si le monde va mal, si l'Eglise est en crise, c'est parce qu'on ne prie pas ou pas assez. Aussi je vous offre un florilège de textes des saints sur ce thème.

Saint Alphonse de Liguori, Du grand moyen de la prière

Tous les prédicateurs, tous les confesseurs et tous les livres ne devraient rien inculquer avec plus de chaleur et de force que l'obligation de prier. Il est vrai qu'ils recommandent aux âmes plusieurs moyens fort bons pour se conserver dans la grâce de Dieu, comme de fuir les occasions, fréquenter les sacrements, résister aux tentations, écouter la divine parole, méditer les vérités éternelles, etc., autant de pratiques très salutaires, tout le monde en convient; mais je le demande, à quoi servent les sermons, les méditations, et tous les autres moyens prescrits par les maîtres de la vie spirituelle, sans la prière? Le Seigneur n'a-t-il pas déclaré qu'il veut accorder ses grâces à ceux-là seuls qui prient! Demandez, a-t-il dit, et vous recevrez. Sans la prière, suivant la conduite ordinaire de la Providence, toutes nos méditations, toutes nos résolutions, toutes nos promesses, seront inutiles; si nous ne prions pas, nous serons toujours infidèles à toutes les lumières que nous recevons de Dieu et à tous les engagements que nous aurons pris. La raison en est que, pour faire actuellement le bien, pour vaincre les tentations, pour observer entièrement la loi divine, nos propres considérations, nos bons propos, ne suffisent point: il faut de plus le secours actuel de Dieu; or, ce secours actuel, le Seigneur ne l'accorde qu'à celui qui prie, et qui prie avec persévérance. Les traits de lumière, les considérations, les bons propos, font que, dans les tentations et les dangers de transgresser la loi de Dieu, nous recourions actuellement à la prière: par la prière, nous obtenons le secours divin qui nous préserve du péché; et si, dans ce cas, nous négligions de prier, nous succomberions.

mardi 13 septembre 2016

Le silence dans la liturgie

Un des grands bienfaits de la liturgie traditionnelle (missel de 1962) est que c'est une liturgie qui favorise chez les fidèles, la prière personnelle, l'oraison mentale, d'une façon qui est en harmonie avec la célébration des rites sacrés par le prêtre. Ce n'est guère le cas dans beaucoup de nos messes actuelles, où toute forme de recueillement est rendue impossible la plupart du temps, où l'extériorité prévaut sur l'intériorité. Notons deux moments forts du rite traditionnel lorsque la messe n'est pas chantée en semaine. L'offertoire silencieux permet de se recueillir et de se préparer à ce qui va suivre. Quelques minutes de précieux silence sont ainsi offertes au fidèle, afin qu'il puisse unir l'offrande de sa vie à celle du Christ, et dire à Dieu les raisons pour lesquelles il veut s'unir au saint sacrifice: adorer, rendre grâce, réparer ses fautes et demander des fruits particuliers pour lui ou pour les siens. Notons que dans le nouvel ordo missae, l'offertoire se fait aussi en principe en silence, à l'exception de l'orate fratres et de la prière sur les offrandes. Il est permis toutefois de dire à haute voix les deux prières d'offrande du pain et du vin. C'est ce qui se fait couramment et on peut le regretter.

La Croix glorieuse homélie

Frères et sœurs, nous célébrons aujourd'hui la Croix glorieuse.
Remarquons tout d'abord le lien que la tradition liturgique maintient entre deux mystères inséparables : celui de la résurrection et celui de la croix. On ne peut célébrer l'un sans l'autre. D'une part, il faut ne jamais oublier la réalité des souffrances et de la mort de Jésus, d'autre part, il faut confesser que par sa mort Jésus a sauvé le monde et a ouvert le chemin de la résurrection. La Croix en orient est toujours la Croix glorieuse, comme le sont aussi chez nous la Croix de saint François ou le vieux Bon Dieu de Tancrémont, que nous pouvons admirer dans la chapelle du saint Sacrement de l'église latine de notre monastère. En même temps lorsque nous sommes dans la joie de la résurrection, nous ne devons pas oublier la Passion, comme du reste toute la réalité de nos tragédies humaines.

mercredi 7 septembre 2016

La place de Marie dans la liturgie, article paru dans la revue catholique russe Radouga

Sobriété liturgique latine

La liturgie latine se caractérise par sa sobriété. On ne s’étonnera donc pas qu’un premier coup d’œil nous pousse à admettre que la place de la Mère de Dieu n’est pas très grande dans la liturgie latine, à la différence de la liturgie byzantine où nous avons un foisonnement de tropaires mariaux qui s’intercalent dans l’ensemble des pièces de l’office, et qui célèbrent à l’envi le mystère et la gloire de la Theotokos, la Mère de Dieu. Cependant nous allons regarder les choses de plus près et en retirer tous les enseignements possibles.

samedi 3 septembre 2016

La participation des laïcs dans la liturgie, article paru dans la revue russe Radouga

 La problématique de la participation des laïcs dans la liturgie est apparue au vingtième siècle. Le problème ne semble pas s’être vraiment posé auparavant, peut-être parce que les choses allaient de soi. Notons toutefois l’ouvrage célèbre de dom Guéranger: L’Année liturgique, au dix-neuvième siècle. Ce livre formait déjà les fidèles à une véritable spiritualité liturgique. Donc il y avait déjà des catholiques vivant au rythme de l’année liturgique, avant que n’apparaisse le mouvement liturgique. Notre époque a vu la naissance dans l’Eglise de divers mouvements, tous signes de la présence de l’Esprit saint en elle : mouvement biblique, mouvement liturgique, mouvement patristique, mouvement marial etc. Le mouvement liturgique est né dans divers pays plus ou moins au même moment. Ainsi en Belgique, avec le congrès de Malines, en 1909, fut créé par un bénédictin, dom Lambert Beauduin, le mouvement liturgique belge. Beaucoup de curés, soucieux de faire participer leurs paroissiens de manière active à la messe du dimanche, ont adhéré à ce mouvement.

dimanche 28 août 2016

L'unique rite romain: comparaison des deux formes

Afin qu'ils soient un
Ceux qui aiment le Christ aiment aussi l'Église. Ceux qui aiment l'Église aiment aussi sa liturgie. Ceux qui aiment la liturgie, s'ils sont catholiques de rite latin, aiment aussi les deux formes de l'unique rite romain: l'ordinaire et l'extraordinaire. La liturgie, sous quelque forme dûment approuvée que ce soit, est l'expression de l'âme de l'Église, elle est le cœur de l'Église, en tant qu'elle est l'épouse du Christ, qui adore son Seigneur. 
Dans le rite romain, deux missels sont approuvés: le missel de 1962, appelé aussi missel tridentin ou de saint Pie V, et le missel de 1969, appelé aussi missel de Paul VI.

Pédagogie de l'Eglise

L'Eglise, en tant que mère, a voulu tenir compte de la sensibilité de ses enfants. C'est pourquoi, elle a promulgué un nouvel ordo missae, avec peut-être une certaine précipitation, pour réaliser le vœu de Vatican II de restaurer le rite romain, de lui conférer une certaine clarté et pureté, tout en y incorporant certaines richesses de la Tradition ancienne de l'Eglise. En même temps, constatant que certains se sentaient spirituellement plus en harmonie avec la messe tridentine, elle a reconnu leur droit à continuer à célébrer l'eucharistie dans la forme du missel de 1962.

vendredi 26 août 2016

La messe, source d’une vie chrétienne authentique, article paru dans la revue catholique russe Radouga

Sommet et source
Dans l’abrégé du Catéchisme de l’Eglise catholique, publié par le pape Benoît XVI, on peut lire au n° 219 : Quelle est la place de la liturgie dans la vie de l’Eglise ? Action sacrée par excellence, la liturgie constitue le sommet vers lequel tend l’action de l’Eglise et en même temps la source d’où provient sa force de vie. Par la liturgie, le Christ continue dans son Eglise, avec elle et par elle l’œuvre de notre rédemption.

mardi 23 août 2016

Ma position sur la réforme liturgique

Messe d'ordination, rite de Paul VI, à l'abbaye Saint Joseph de Clairval
La réforme liturgique était nécessaire dans le rite latin de l'Eglise catholique. Le concile Vatican II a eu raison de la décréter. Dans les faits, cette réforme a échoué. En beaucoup d'endroits, l'authentique liturgie catholique n'existe plus et le mystère eucharistique est falsifié et dénaturé. Les causes principales sont les suivantes: le manque d'une vraie vie intérieure, une fausse conception des rapports entre ministère ordonné et laïcat, un grand nombre de chants en langue vernaculaire qui privilégient l'émotionnel et qui occultent la richesse de la doctrine, et, last but not least, les nouveaux autels, placés devant les anciens maîtres-autels, pour permettre une célébration vers le peuple et non plus vers le Seigneur qui vient vers nous.
Si, dans les années qui viennent, la situation ne s'améliore pas ou si elle continue à se dégrader, je ne vois d'autre solution pour les catholiques lucides, que de revenir à la liturgie du missel de 1962, dans l'attente du jour où une vraie réforme sera faite, dans l'esprit de l'authentique Vatican II.

vendredi 19 août 2016

Le cardinal Schönborn et Amoris Laetitia

Je voudrais vous recommander la lecture d'une brève étude du R.P. Gariggues, OP, sur l'interprétation autorisée que donne le cardinal Schönborn du chapitre VIII de l'exhortation Amoris Laetitia du pape François. Elle confirme ce que j'ai écrit dans deux de mes précédents articles sur le sujet:

Amoris Laetitia et le for internecliquer ici

L'Eglise change-t-elle?cliquer ici

Dans cette étude, l'auteur  distingue bien le droit objectif et la possibilité subjective. Une personne qui vit une situation d'irrégularité, qui persévère dans un état de péché grave objectif, n'a pas droit aux sacrements. La possibilité éventuelle d'accéder aux sacrements pour les personnes qui vivent dans une situation objective de péché grave n'est donc pas fondée sur le droit, mais sur une économie miséricordieuse.

jeudi 18 août 2016

La dimension eschatologique de la prière et de la liturgie, article paru dans la revue Radouga



Le Christ retirant Adam et Ève des enfers
 Maintenant et à l’heure de la mort

Notre vie chrétienne est centrée à la fois sur un présent et sur un avenir. Dans cette prière si familière au peuple chrétien qu’est l’Ave Maria, nous demandons à la sainte Vierge de prier pour nous maintenant et à l’heure de notre mort. Cette formulation si simple manifeste donc qu’il y a deux moments pour lesquels il nous faut prier : le moment présent et celui du passage de la mort et de notre entrée dans l’éternité. Nous allons dans ce petit article nous concentrer sur ce moment de la mort, si capital pour notre destinée éternelle. La vie chrétienne est une attente du retour du Christ et c’est dans le passage de la mort que nous rencontrerons en pleine lumière le Christ, qui viendra à nous pour nous proposer un salut définitif : la vie éternelle. Dans chaque eucharistie, nous proclamons que nous attendons son retour dans la gloire. Sa venue sacramentelle au moment de la consécration nous renvoie à sa venue à la fin des temps, quand il viendra pour consommer son œuvre.

lundi 15 août 2016

La question chinoise et le cardinal Zen

Le cardinal Zen s'est exprimé récemment à plusieurs reprises sur les négociations entre le Vatican et le gouvernement chinois. Souhaitons vivement que sa voix soit entendue, car c'est un fidèle parmi les fidèles et il faut le dire, les temps sont mauvais!
Voici quelques liens sur le sujet:





L'avenir confirmera ou non ce pessimisme. Prions beaucoup pour le pape, pour l'Eglise et pour la Chine. Mais on ne peut qu'être inquiet, si le pire se produit: voir ceux qui ont résisté héroïquement pendant des décennies sacrifiés à une diplomatie à courte vue. Il me souvient que Vatican II avait voulu faire cesser toute intervention du pouvoir politique dans la nomination des évêques. A moins que, les voies de Dieu étant impénétrables, on assiste à ce qu'on avait déjà vu avec le concordat napoléonien et à une résurrection de l'Eglise, dont la vitalité dans la France du XIXe siècle est un fait indéniable. Mais je me permets pour l'instant d'en douter. 


Synode sur la famille et témoignages grecs-catholiques

Mgr Fülöp Kocsis
Anca Cernea

A plusieurs mois de la clôture du synode sur la famille aujourd'hui, j'aimerais évoquer les figures de deux intervenants, les deux seuls que je connaissais personnellement dans cette auguste assemblée : le docteur Anca Maria Cernea, de Bucarest, et Mgr Fülöp Kocsis, évêque grec-catholique de Hajdúdorog, en Hongrie.
La première est actuellement présidente de l’Association des médecins catholiques de Bucarest. Il y a plusieurs années, elle était venue faire une conférence à Chevetogne sur la situation médicale en Roumanie, où avec son mari, médecin lui aussi, elle tentait de recréer une médecine libérale de qualité, dans ce pays ravagé par 40 ans de communisme. C'était dans le cadre d'un colloque œcuménique sur la situation religieuse dans son pays. Je participais alors à des rencontres entre chrétiens roumains de diverses obédiences et c'est ainsi que j'ai pu faire sa connaissance. J'ai eu entre autres la mission de lui faire faire un peu de tourisme. Nous avons ainsi fait la visite des églises historiques de Liège. Puis en février 1998, je lui ai rendu visite chez elle à Bucarest et nous avons pu avoir des échanges fort intéressants.

samedi 13 août 2016

L'assomption homélie

Notre-Dame du signe, icône du XIVe siècle
Un grand signe apparut dans le ciel: une femme. C'est ainsi que commence, frères et sœurs, le chapitre 12 de l'apocalypse, et qui nous rapporte la plus célèbre des visions de l'apôtre Jean, celle du combat entre la femme et le dragon.
L'apocalypse est un livre prophétique qui annonce les épreuves de l’Église et la victoire finale que le Christ remportera sur les forces du mal. La femme représente la mère du Messie. Dans un sens littéral, c'est l’Église, qui est désignée par cette femme, en particulier l’Église des derniers temps avant le retour en gloire de Jésus, cette Église qui travaillera plus que jamais à faire naître Jésus-Christ dans les âmes. Il s'agit de notre Mère, la Sainte Église, la mère mystique, qui ne cesse de donner la vie de Jésus à nos âmes, en nous enseignant la parole de Dieu et en nous offrant les sacrements. Dans un sens dérivé, cette femme représente la Vierge Marie, car Marie est l'image la plus parfaite de l’Église. Ce sens de « la femme qui apparaît dans le ciel » nous renvoie tout naturellement au mystère de la fête de ce jour.

mercredi 10 août 2016

Conversation entre deux portes

Rencontré aujourd'hui une amie, algérienne et musulmane, parlant parfaitement le français et l'arabe. Une conversation entre deux portes, qui a roulé sur la question des réfugiés. Mon amie m'a rapporté ce qui se dit entre réfugiés pour le moment: "Nous sommes partis de chez nous, car on nous avait promis et affirmé qu'en Europe, nous trouverions tout de suite un logement et du travail. Nous l'avons cru"

Des personnes dupées, des victimes, de simples gens trop naïfs. Mais des questions inéluctables: à qui profitent ces mensonges éhontés, qui sont ceux qui manipulent ainsi les populations du moyen-orient, où veut-on nous conduire?

lundi 8 août 2016

Les limites du devoir d'hospitalité, réflexions sur l'actualité

Ce qui m'a poussé à mettre par écrit ces quelques réflexions, qui se veulent des réflexions de simple bon sens, c'est l'homélie que le Père Henri Boulad a prononcée récemment au Caire. Je suppose que c'était le dimanche où la liturgie nous proposait l'évangile de Marthe et Marie. Le P. Henri Boulad est un jésuite de rite byzantin, né à Alexandrie en 1931. Vous pouvez avoir ici une brève présentation de la vie et de la pensée de ce prêtre très engagé au niveau caritatif et au niveau du dialogue islamo-chrétien.
L’Évangile nous demande d'accueillir l'étranger, le voyageur, le pèlerin, et d'une manière générale toute personne en difficulté et qui a besoin de notre aide. Notre maison doit être ouverte à toute détresse. Notre devoir vis-à-vis des migrants qui viennent chercher refuge chez nous doit être une attitude de sympathie, d'estime, d'ouverture.
Toutefois, si l'hospitalité est sacrée, et l'orient là-dessus nous donne souvent un témoignage émouvant (car on sait se mettre là-bas dans la gêne pour accueillir à l'improviste qui que ce soit), il existe aussi ce que les orientaux appellent l'abus de l'hospitalité. Lorsque la personne accueillie ne respecte pas certaines règles, alors on a le droit, voire le devoir, de la mettre dehors. La bonté ne doit pas se transformer en bêtise.

samedi 6 août 2016

Le jeune homme riche homélie

Un homme s'approcha de Jésus. La suite du récit nous apprend qu'il s'agissait d'un jeune homme riche. Il lui fit une demande fondamentale : Quelle bonne œuvre dois-je spécialement accomplir pour obtenir le salut éternel ? Jésus, dans un premier temps, lui fait savoir que sa demande est superflue. Et la raison de son inutilité est ainsi indiquée : Dieu seul est bon. De même une seule chose est bonne entre toutes : accomplir sa volonté. Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements. Jésus désignait ainsi le décalogue, les dix commandements, comme il va le dire explicitement. Mais le jeune homme, ayant sans doute à la pensée les 613 préceptes particuliers que les scribes et les rabbins avaient supputés dans la loi mosaïque, ne sut pas découvrir desquels il s'agissait. D'où sa nouvelle question : Lesquels ?

jeudi 4 août 2016

La parabole des invités au festin, homélie

Trois semaines avant Noël, la liturgie byzantine offre à notre méditation la parabole des invités au festin, dans la version que donne saint Luc. Dans l’Évangile, en effet, le Royaume de Dieu est souvent symbolisé par un grand banquet festif. Parfois, par exemple dans le texte parallèle de saint Matthieu, il nous est précisé que ce banquet est celui des noces du Fils du roi. A Noël, en effet, nous célébrerons les noces de Dieu et de l'humanité. Dans le mystère de l'incarnation, le Fils de Dieu épouse toute l'humanité. Il unit la nature divine et la nature humaine en une seule personne, celle du Fils unique de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, chanteront les anges la nuit de Noël. L'enfant Jésus, Fils de Dieu et fils de Marie, prince de la paix et sauveur unique du genre humain, en naissant parmi nous, vient inaugurer le Royaume de Dieu, un Royaume qui s'accomplira dans la vie éternelle. Pour les rachetés, ce sera alors pour toute l'éternité le banquet céleste : une fête perpétuelle, un bonheur éternel, en lesquels l'homme jouira éternellement de Dieu.

Les symboles liturgiques et la transmission de la Tradition, article paru dans la revue catholique russe Radouga

Liturgie et Tradition
La liturgie de l’Eglise rend présent le mystère du Christ, le seul Sauveur, et surtout le mystère de sa mort et de sa résurrection. La liturgie en même temps nous fait participer à la vie du Ressuscité et ainsi par le don de l’Esprit nous fait réellement enfants du Père. Dans l’action liturgique, nous sommes vraiment chez nous dans la maison de Dieu. Le Ciel est rendu présent sur la terre.
La Tradition nous transmet la foi de l'Église, et cette foi nous procure la vie éternelle. Il ne faut donc jamais séparer, en particulier dans le domaine de la catéchèse, la connaissance de Dieu, c'est-à-dire du mystère du Christ, de la vie surnaturelle que nous commençons à posséder par la foi et qui est sans cesse nourrie dans l’action liturgique.
Une réflexion sur l’étymologie du terme Tradition vaut la peine d’être esquissée ici. Le mot latin tradere signifie livrer. C’est le verbe qu’on utilisera pour dire que le Seigneur s’est livré pour notre salut. Cela signifie, ni plus ni moins, que l’origine, la source de la Tradition, c’est en fin de compte le mystère central de notre foi : l’acte par lequel le Christ m’a aimé et s’est livré pour moi, dans le mystère de sa Pâque, c’est-à-dire de sa mort et de sa résurrection.

lundi 1 août 2016

Un livre protestant qui peut faire du bien aux catholiques

De temps en temps, en priant, j'aime lire une page du livre intitulé Dieu appelle, édité à Neufchâtel, aux éditions de la Baconnière. L'original a paru aux Etats-Unis sous le titre God calling. Tout a commencé dans les années Trente du siècle dernier. Deux femmes, deux amies, vivaient ensemble. Il semble qu'elles connaissaient pas mal de difficultés, notamment matérielles. Elles résolurent de vivre en conformant leur vie aux indications venues du ciel, sous la motion de l'Esprit. Sous quelle forme?, je ne sais, elles reçurent des messages du Christ. Ce livre est le produit de ces messages venus d'en-haut. Pour chaque jour de l'année, un message est donné, dans lequel le Seigneur forme ses auditrices aux mystères de la vie chrétienne. Nous sommes dans l'univers du courant evangelical du protestantisme américain.

jeudi 28 juillet 2016

Un voyage œcuménique en Roumanie en 2003

Eglise de bois typique en Roumanie
Un voyage en Roumanie

Samedi 19 juillet 2003, fin de matinée, aéroport Charles-De-Gaulle : cinq gais lurons font connaissance et tout de suite entre eux se crée une amitié qui ne cessera de s’approfondir tout au long du voyage. Le groupe se partage entre trois Français et deux Belges. Présentons-les pour commencer. Le chef de groupe est le Général Hubert de Quercize (5 enfants, 16 petits enfants!, répétera-t-il moult fois à l’envi), officier général de l’armée française, qui, il y a plusieurs années, a quitté le service plus tôt que prévu, afin de vivre pour Dieu et pour le monde, au sein de l’association catholique internationale Fondacio. Il y assume présentement le travail de responsable de la communication (www.fondacio.org). Ensuite, vient le Père Christian Forster, prêtre catholique, secrétaire de la Commission épiscopale française pour l’œcuménisme. Son homologue protestant, le pasteur Gilles Daudé, complète le trio français. La Belgique est représentée par M. Emmanuel Van der Straten Waillet, avocat, membre permanent de Fondacio Belgique et d’Unitas, et par le Père Simon, l’humble narrateur de ce récit, du Monastère de Chevetogne.

Amoris Laetitia: l'Eglise change-t-elle?

J'ai publié il y a quelques jours un premier article sur Amoris Laetitia, dans lequel je proposais un cas fictif, illustrant une des affirmations du Saint Père, selon laquelle toute personne en situation irrégulière n'est pas nécessairement privée de la grâce baptismale et peut donc recevoir la sainte communion. Il s'agit bien d'une proposition et j'admets que l'on puisse me contredire sur l'exemple que je donne. Je veux seulement susciter la réflexion.
Entre-temps, ma réflexion s'est approfondie et c'est pourquoi je vous en fait part à nouveau.

Vocation œcuménique de Chevetogne Deuxième partie actualité

Voici la seconde partie de ma conférence à Clervaux, il y a deux ans. Je l'ai légèrement remaniée, en fonction de faits nouveaux survenus depuis lors

Actualité œcuménique
 Dans cette troisième partie de mon exposé, je voudrais évoquer l'actualité œcuménique. Où en est- on pour le moment ? Après une période d'euphorie et d'espoirs immenses, il semble un peu qu'on traverse le désert. Après le printemps, le gel semble être revenu. Ne dramatisons pas et considérons quand même les résultats obtenus et le chemin parcouru. D'autre part, il ne faut pas séparer la crise actuelle du travail pour l'unité de la crise spirituelle globale de nos sociétés occidentales. Les églises sont vides, les assemblées de plus en plus vieillissantes. L’œcuménisme n'est donc plus une priorité semble-t-il. L'évangélisation serait dans ce contexte une tâche plus urgente. Quand il lança le mouvement liturgique, quand il s'embarqua dans l'aventure unioniste, dom Lambert Beauduin vivait dans une Belgique, massivement catholique pratiquante, avec des références communes solides. Nous, nous vivons dans le contexte de la sécularisation, voire de l'apostasie généralisée. Il n'en reste pas moins que dans le contexte de la nouvelle évangélisation, le travail pour l'unité garde toute sa valeur. Résonne ainsi la parole du Christ: Qu'ils soient un afin que le monde croie. 

mercredi 27 juillet 2016

Centenaire de Fatima Septième et dernière partie

La Russie
La Russie se convertira et un temps de paix sera donné au monde, telle est la promesse faite par la Mère de Dieu à Fatima. La première partie s'est réalisée. Le communisme athée s'est effondré en Russie. Bien plus, alors que nos pays occidentaux font montre d'une réelle christianophobie et s'orientent vers des législations pernicieuses, du genre  mariage homosexuel, la Russie est un pays qui défend beaucoup mieux que nous les valeurs chrétiennes ou simplement naturelles. Comme le rappelle le Docteur Anca Cernea, une femme médecin de Bucarest, de rite catholique oriental, que j'ai eu le plaisir de rencontrer à deux reprises, et qui fut l'une des intervenantes au dernier synode sur la famille, les principes pervers du matérialisme marxiste sont à l'oeuvre dans nos sociétés occidentales et opèrent leur travail de destruction de la société civile et de l'Eglise, alors que la société russe est fière de ses racines chrétiennes.

mardi 26 juillet 2016

Amoris Laetitia et le for interne

Face à Amoris Laetitia, je voudrais me situer dans la perspective de la théologie morale traditionnelle. Dans la crise actuelle, nombreux encore sont ceux qui ne veulent pas brader la doctrine et rompre avec l'enseignement multiséculaire de l'Eglise. Cela n'empêche pas une certaine ouverture, au niveau de la pastorale. Chacun a le droit de réfléchir par soi-même, à condition de le faire en Eglise.
Je vois parmi ceux qui pensent ainsi trois courants se dessiner en ce qui concerne la réception de l'exhortation apostolique: ceux qui adhèrent avec enthousiasme, ceux qui critiquent, ceux qui sont dans l'expectative.

lundi 25 juillet 2016

Centenaire de Fatima Sixième partie

                                       Le Cœur Immaculé de Marie
Pour sauver les âmes en danger de se perdre éternellement, la Saint Vierge à Fatima nous a a fait connaître la volonté de Dieu d'établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. A Paray-le monial, le Seigneur a demandé la dévotion à son Sacré-Cœur. Il fit à cette occasion de nombreuses promesses, dont la plus grande est évidemment le salut éternel, à ceux qui embrasseraient cette dévotion, nouvelle en apparence mais qui nous ramenait en fait aux sources-mêmes de l’Évangile. Le Bon Dieu n'a jamais cessé de nous envoyer des messagères pour nous inciter à avoir une confiance totale en son amour. Il y eut Thérèse de Lisieux, avec son offrande à l'amour miséricordieux, Faustine et le culte de la Divine Miséricorde, Joséfa Ménendez avec son Appel à l'Amour. A Fatima, la Vierge Marie prend toute sa place à côté de son divin Fils.

Vocation œcuménique de Chevetogne Première partie: histoire

Je donne ici la première partie d'une conférence que je fis à l'abbaye de Clervaux, il y a deux ans, pour la semaine de l'unité, en présence de Mgr Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg, des moines de Clervaux et de plusieurs prêtres luxembourgeois. Cette partie traite de l'histoire de Chevetogne. Une seconde partie traitait de l'actualité œcuménique. Je la publierai plus tard, mais comme des faits nouveaux sont survenus depuis, je ne sais encore si je la publierai telle quelle ou si je la remanierai en fonction de l'actualité récente, en particulier celle qui a trait à la rencontre historique entre Notre saint Père le pape et le Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

samedi 23 juillet 2016

Souvenirs de vacances

Abbaye de castagniers
Chaque année je passe deux semaines de repos à l'abbaye Notre-dame de la Paix
communauté de sœurs cisterciennes, sise à Castagniers, près de Nice. C'est un lieu paradisiaque. Alors mon temps se divise entre des promenades dans la nature, toujours bienfaisantes, 
et la lecture dans le parc du monastère.
Je vous livre quelques perles, découvertes cette année, 
soit des citations, soit le résumé de la pensée d'un auteur. 
A vous de goûter la richesse et la beauté de la Tradition catholique.

La profession monastique au monastère de Chevetogne Article paru dans Radouga

Le chant du Suscipe lors d'un jubilé de 50 ans de profession
Un rite de profession monastique particulièrement signifiant:

L'engagement d'un jeune moine au monastère de Chevetogne.



Introduction et apologie

Le lecteur voudra bien me pardonner de mettre ainsi en valeur une manière locale d'émettre la profession religieuse, comme on le fait depuis 1971, au monastère bénédictin de Chevetogne, quand ce nouveau rituel a remplacé l'ancien en latin. Ce qui a poussé la communauté à enrichir le rite traditionnel des vœux vaut la peine d'être connu. On a maintenu ce que Saint Benoît prescrit: la signature de la charte et le chant du Suscipe, et d'autres choses habituelles. Mais on a embelli ce rituel d'éléments nouveaux, pour dépasser les aspects juridiques de la mentalité latine, et replacer le mystère de la vocation dans une perspective biblique. Cela n'est nullement absent dans les autres communautés, et sans doute que des efforts parallèles ont été réalisés en beaucoup d'endroits. Ce qui demeure vrai, c'est que jusqu'au renouveau liturgique de Vatican II, les usages concernant la profession étaient souvent empreints d'une sécheresse juridique qui mettait de côté toute une profondeur spirituelle vécue par ailleurs par ceux qui s'engageaient ainsi pour la vie.