samedi 23 septembre 2017

Les ouvriers de la onzième heure, homélie

Lambert Jacobsz, mort en 1637
La parabole que nous venons d'entendre est une parabole plutôt déroutante, car le Seigneur nous semble ne pas être juste selon nos catégories humaines habituelles. Si un ouvrier travaille pour moi deux heures et un autre seulement une heure, je paierai le premier deux fois plus que le second.
Il est évident que cette parabole n'est pas à prendre au pied de la lettre et cela nous invite à en rechercher le sens spirituel.
Les différentes heures du jour dont on nous parle représentent les âges de la vie ou les différentes périodes de l'histoire religieuse de l'humanité. Certains sont chrétiens et servent Dieu depuis leur plus tendre enfance. D'autres se convertissent dans leur jeunesse, ou leur âge mûr ou enfin sur le tard. Certains même ne se convertissent qu'au moment de la mort. Tous recevront la même récompense. Le denier que le maître de la vigne paie à tous ceux qui ont travaillé pour lui symbolise la récompense éternelle du paradis, accordée à tous ceux qui meurent en état de grâce, quel que soit le moment où ils se sont convertis. Le paradis est un don de la miséricorde divine. Personne de toute manière n'y a droit et Dieu n'est pas injuste en traitant tous les sauvés avec une identique miséricorde. Mais la justice de Dieu sera quand même satisfaite. Car Dieu donnera un degré de bonheur éternel en proportion de nos mérites. Prenons une comparaison. Si on demande à des gens de venir avec un verre, pour qu'on le remplisse d'eau fraîche, ceux qui viennent avec de grands verres recevront plus d'eau que ceux qui viennent avec des verres de moindre contenance. Il en sera de même, quand nous entrerons dans la vie éternelle et que le Seigneur nous dira : Entre dans la joie de ton maître. Selon la grandeur de notre cœur, ou de notre capacité d'amour, nous recevrons une vie et une joie plus ou moins grandes. Voici ce que disait à ce sujet le curé d'Ars : Il faut bien savoir et se persuader que Dieu n'opère dans nos âmes que selon le degré de nos opérations, de nos désirs, de nos actes intérieurs produits à cette fin. Un vase prend de l'eau à une fontaine selon sa capacité.

mardi 19 septembre 2017

Motu proprio sur les traductions du missel

Le motu proprio paru la semaine passée relance le débat des traductions du missel romain. On peut être inquiet quant à la suite. Il y a dans les documents romains sur ce thème deux logiques qui s'affrontent: celle de la fidélité à l'original latin et celle des variétés légitimes, selon les langues et les cultures particulières. Il y a des évêques qui vont dans un sens et d'autres dans l'autre. Une chose dès lors est possible et souhaitable. C'est que l'on puisse avoir la même chose que ce que l'on a eu pour le rituel des sacrements ou des funérailles: un choix laissé au prêtre entre plusieurs formules ou oraisons, l'une d'elles étant l'oraison ou la formule romaines. Dans le contexte actuel, ce serait ainsi le moindre mal et cela pourrait satisfaire les commuautés monastiques, soucieuses d'une liturgie traditionnelle, dans la forme ordinaire. On laisse bien le choix au célébrant entre le canon romain et les nouvelles prières eucharistiques. Que l'Esprit Saint éclaire et guide nos évêques!

lundi 18 septembre 2017

Homélie lors d'une messe pour la paix

Le samedi 12 août 2017, j'ai célébré une messe pour la paix, à l'abbaye cistercienne de Castagniers (Alpes maritimes). Voici l'homélie:

Nous sommes en 2017, année du centenaire des apparitions de Fatima, au cours desquelles Notre-Dame a fait cette promesse qu'après les épreuves que nous sommes en train de traverser, un temps de paix serait donné au monde. Notre-Dame nous a demandé de prier le rosaire pour la paix du monde et pour la conversion des pécheurs. Les deux sont liés. La paix n'existe pas dans le monde parce qu'elle n'existe pas dans les coeurs, comme le disait le pape Benoît XV à l'issue de la première guerre mondiale. L'ange avait appris aux trois pastoureaux de Fatima cette petite prière: Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n'adorent pas , n'espèrent pas et ne vous aiment pas. 

La liturgie et les migrants, article

La liturgie et les migrants

Considérations chrétiennes sur le devoir d'hospitalité

La question des migrants est à l'ordre du jour et suscite des débats passionnés. Sur ce sujet comme sur d'autres, l’Église tient les deux bouts de la corde : accueil de l'étranger et nécessité aussi de sauvegarder le bien commun du pays qui accueille.
L’Évangile nous demande d'accueillir l'étranger, le voyageur, le pèlerin, et d'une manière générale toute personne en difficulté et qui a besoin de notre aide. Notre maison doit être ouverte à toute détresse. Notre devoir vis-à-vis des migrants qui viennent chercher refuge chez nous doit être une attitude de sympathie, d'estime, d'ouverture.
Toutefois, si l'hospitalité est sacrée, et l'orient là-dessus nous donne souvent un témoignage émouvant (car on sait se mettre là-bas dans la gêne pour accueillir à l'improviste qui que ce soit), il existe aussi ce que les orientaux appellent l'abus de l'hospitalité. Lorsque la personne accueillie ne respecte pas certaines règles, alors on a le droit, voire le devoir, de la mettre dehors. La bonté ne doit pas se transformer en bêtise.

dimanche 17 septembre 2017

Conférence de l'abbé de Fontgombault fin

Les gestes

Alors que l’on vient de souligner l’aspect contemplatif de la forme extraordinaire, il peut sembler paradoxal de s’arrêter maintenant à la place du corps, sollicité par tant de gestes : génuflexions, inclinations, signes de Croix. La liturgie est une action !

Remarquons que la journée monastique associe elle aussi largement le corps à la prière, dans une liturgie qui s’étend du matin au soir.

Le monde, pourtant si actif, s’est accommodé d’une dépréciation du geste accentuée par les moyens modernes de communication. De façon paradoxale, l’homme moderne bouge, s’active davantage, mais pose moins de gestes. La réforme liturgique avait comme anticipé ce phénomène de société. À l’inverse, comment ne pas remarquer l’importance que le Seigneur accorde aux gestes tant dans ses miracles que dans ses rapports aux autres (« Qui m’a touché ? » dit-il à l’adresse de la femme atteinte d’un flux de sang (Lc 8,45)) La foi du prêtre, celle des fidèles, gagnent à la présence des signes sensibles, accomplis en vérité, pour être stimulée, attentive, présente. (cf St Thomas d’Aquin, Summa Theologica, IIIa Q.85, a.3).

Conférence de l'abbé de Fontgombault suite 2

Office de la proscomédie dans le rite byzantin
 Redites et sobriété

En second lieu, remarquons que le missel de 1962, comme les autres rites antérieurs à la réforme liturgique, n’a pas peur des redites, des doublets, des insistances. Il prend son temps, parce que l’homme a besoin de temps, sollicitant sans relâche un esprit vagabond pour le ramener à l’essentiel.

L’Évangile nous apprend que la Vierge Marie méditait, gardait fidèlement en son cœur (cf. Lc 2,19;51) les événements qui marquèrent la naissance de son Fils. Il doit en être de même du contemplatif, du moine : non multa sed multum, non pas la quantité, mais la qualité.

Amie de la tradition monastique, Hélène Lubienska de Lenval (1895-1972) prônait une pédagogie fondée essentiellement sur le silence et les rites. Elle écrivait :

 » La liturgie est lente : elle aime la minutie, les redites et les préparatifs interminables. Elle tient son rythme de la pédagogie divine qui a modelé le peuple élu au moyen d’un rituel lent et minutieux. Lorsque, sous la pression de la vie moderne (frénétique parce que inféodée à la matière), elle se hâte, elle perd son efficacité psychologique et devient formelle… Elle reste opérante là où elle garde son rythme propre, chez les moines. La liturgie combat ensemble la lourdeur des muscles et l’impatience des nerfs ; elle impose en même temps le mouvement et la lenteur. Et c’est par la lenteur que la liturgie domine le temps. Parce que temps et matière sont corrélatifs et que l’on ne peut vaincre l’un sans l’autre. L’homme moderne va en sens inverse et tâche de déjouer le temps au moyen de la vitesse. Hélas ! loin de maîtriser la matière, il s’y enlise. »

Ajoutons une réflexion à propos du lectionnaire du missel de 1962 jugé pauvre. L’enrichissement abondant de la lecture de la Sainte Écriture issu de la réforme liturgique, la longueur de certaines péricopes, ne nuiraient-ils pas à la contemplation ? Certes, les laïcs qui ont de moins en moins de temps à consacrer à la lectio divina, peut-être même les prêtres séculiers, écrasés par le ministère, en tirent profit. Pour les moines, l’abondance et la variété des lectures, goûtées par certains et sûrement non sans valeur, apparaissent plutôt généralement comme excessives. Ce parti pris sacrifie la répétition de péricopes relues, ruminées, connues par cœur, jamais épuisées. La multiplication des Préfaces pourrait susciter la même réflexion. Le cardinal Ratzinger a évoqué sagement « quelques nouvelles préfaces… un Lectionnaire élargi – un plus grand choix qu’avant, mais pas trop – » qui pourraient être adoptées dans la forme extraordinaire : non multa sed multum. La sobriété invite à la contemplation.

Mon commentaire: Dans les rites orientaux qui ignorent le silence, à la différence du rite latin, c'est la répétition des formules qui favorisent l'intériorisation et le recueillement. Quand on répète de nombreuses fois la même chose, l'âme fint par être habitée par la prière. Chez nous le silence existe pour intérioriser une prière qui est plutôt marquée par la discrétion et la sobriété.

L’offertoire

Parmi les richesses du missel de 1962, beaucoup soulignent la profondeur des prières de l’offertoire : « Il est, affirme le cardinal Robert Sarah, ce moment où, comme son nom l’indique, tout le peuple chrétien s’offre, non pas à côté du Christ, mais en lui, par son sacrifice qui sera réalisé à la consécration » (ibid p. 210).

Suscipe sancte Pater…quam ego indignus famulus tuus… In spiritu humilitatis et animo contrito… Grandeur du mystère, du sacré, et humble condition du serviteur dont le Seigneur veut avoir besoin, se côtoient. Il en sera ainsi jusqu’au Placeat final : sacrificium quod oculis tuae majestatis indignus obtuli.

Mon commentaire: L'offertoire est un point faible de la liturgie actuelle. Le caractère sacrificiel de la messe est moins mis en valeur. Pourquoi ne pas introduire les formules de l'offertoire traditionnel dans la forme ordinaire? Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, le caractère sacrificiel est particulièrement mis en valeur, notamment dans le rite de la proscomédie, que le prêtre célèbre sur un autel latéral, avant la liturgie publique, et qui est un véritable offertoire, avec des prières émouvantes, qui évoquent la passion du Seigneur. De même, de nombreuses prières dites par le prêtre dans le cours de la célébration insistent sur cet aspect.
                                                                                                         à suivre


Conférence de l'abbé de Fontgombault suite 1

Iconostase à Moscou
Une nouvelle étape fut franchie à la suite des malheureux « sacres d’Ecône », avec la création de la Commission Pontificale Ecclesia Dei. Au prix de tractations rendues difficiles par le fait de personnes influentes, Dom Antoine Forgeot, successeur du Père Abbé Jean, obtint de la Commission le rescrit du 22 février 1989 autorisant à reprendre de façon habituelle le Missel de 1962. Encouragée par la Commission pour tout ce qui pouvait esquisser un rapprochement avec le Missel de 1969, l’abbaye conserva le nouveau calendrier pour le sanctoral, et adopta quelques nouvelles préfaces, une prière universelle le dimanche… Ces usages se révéleraient aller dans le sens de la pensée du cardinal Ratzinger.

Mon commentaire: Il y a en effet dans le nouveau missel un enrichissement au niveau des préfaces. La prière universelle est elle aussi une bonne chose, à condition de ne pas se transformer en un bulletin d'actualité ou de ne pas verser dans l'émotionnel. La litanie ardente de la liturgie de saint Jean Chrysostome, après l'évangile, permet des variantes selon les besoins et les intentions du moment.  Pour les prêtres qui célèbrent selon les deux missels, un calendrier commun serait préférable. Pourquoi par exemple ne pas rétablir les quatre-temps dans le forme ordinaire?

Une conférence intéressante de l'abbé de Fontgombault

Le 14 septembre 2017, Dom Jean Pateau, abbé de Fontgombault, a donné à Rome une conférence sur les fruits de grâce pour la vie monastique et sacerdotale du motu proprio Summorum Pontificum. Je la reproduis ici, avec en italiques, mes commentaires personnels, qui sont ceux d'un moine qui assiste souvent à la liturgie byzantine de Saint Jean Chrysostome.

Dans le domaine délicat de la liturgie où les susceptibilités sont en éveil, le sujet de cet entretien comporte un avantage. Dégagé de toute idéologie, il se veut résolument pragmatique. Le paysan, alors qu’il sème une graine, peut avoir une idéologie… quand il récolte, il n’en va plus de même. L’idéologie au contact du réel, de la nature, a contribué à la naissance d’un fruit. Un fruit qu’il peut cueillir ; un fruit qui peut être beau, maigre, parfois absent.

Il y a 10 ans, le Pape Benoît XVI a réalisé un projet mûri dès les premiers temps de sa charge de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi : redonner un statut officiel au Missel de 1962 à travers la promulgation du motu proprio Summorum Pontificum.

vendredi 15 septembre 2017

Parabole du serviteur impitoyable, homélie

Parabole du serviteur impitoyable, Claude Vignon, 1629
Homélie pour la paroisse de Montgauthier (Rochefort) pour le dimanche 17 septembre 2017.

Au cœur de l'évangile de ce dimanche se trouvent les thèmes fondamentaux du pardon et de la miséricorde. Pardon reçu et pardon donné. Nous sommes tous l'objet de la miséricorde divine et nous devons être des artisans de la miséricorde. Saint Alphonse proposait à ses enfants spirituels cette courte prière d'humilité et de contrition à dire au début de la méditation : Seigneur, j'ai mérité l'enfer par tous mes péchés. O Bonté infinie, je me repens du fond du cœur de t'avoir offensée. Nous avons mérité l'enfer et si nous sommes sur le chemin du salut éternel, c'est parce que Dieu, dans sa bonté infinie, nous a fait une surabondante miséricorde. Dieu, dit le pape François, ne se lasse jamais de pardonner, c'est nous qui nous lassons de demander pardon. Si nous avons conscience de la grandeur du pardon reçu, nous devons nous aussi pardonner du fond du cœur à ceux qui nous ont offensés.

samedi 9 septembre 2017

Homélie pour le vingt-troisième dimanche de l'année A

Dans la partie de l’Évangile selon saint Matthieu, d'où est tiré l'évangile de ce dimanche, Jésus nous donne un enseignement sur la vie en Église. Aujourd'hui, il aborde trois points de cette vie ecclésiale.
Le premier est celui de la correction fraternelle. Il y a un devoir de charité spirituelle, lorsqu'un de nos frères commet un péché, de le lui dire pour le persuader de se corriger. C'est en effet un vrai amour qui nous pousse à aider notre frère à sortir du péché. Faisons toutefois une remarque préalable : les personnes scrupuleuses ou à la conscience angoissée, en général, ne doivent pas se mêler de correction fraternelle, car elles feront souvent plus de mal que de bien. Ensuite Jésus nous enseigne que dans ce domaine, tout doit se faire avec la plus grande discrétion et un respect infini des personnes. Et notre façon de réagir doit être graduelle : on commencera par dire les choses en privé, puis on le fera à plusieurs, enfin on fera intervenir l'autorité de l’Église. Ce n'est donc qu'en dernier lieu qu'on passera à la sévérité et à des mesures extrêmes.

vendredi 8 septembre 2017

Nativité de Marie, homélie d'un saint orthodoxe

A l'occasion de la fête de la Nativité de la Sainte Vierge, je vous propose cette homélie de saint Justin de Tchélié, un serbe du vingtième siècle.

La sainte fête que nous célébrons aujourd’hui apporte la joie à l’univers entier, comme le dit ce chant magnifique : « En ce jour, la Très Sainte Mère de Dieu introduit le Christ dans l’univers ! » Comme si Dieu avait été chassé de la terre – et Il l’a été. Dieu est chassé de la terre par nous les hommes, par notre ancêtre Ève. La Très Sainte Vierge rend Dieu au monde. C’est là la grande joie. Le tropaire du jour nous parle de cette grande joie et de cette grande vérité. La nativité de la Très Sainte Mère de Dieu, est-il dit dans le tropaire, « a annoncé la joie à l’univers », au monde entier. Pourquoi ? Parce que c’est avec Elle que le Seigneur Christ est venu dans ce monde ! Il est devenu homme à cause d’Elle et par Elle, et Il nous a donné tout ce qu’Il pouvait en tant que Dieu-homme, apportant toutes les joies du paradis sur la terre, qui était devenue un enfer en raison de nos péchés, en raison des péchés des hommes. Non pas en raison des péchés de qui que ce soit d’autre, non pas ceux du diable et de ses anges noirs, mais à cause de l’homme, car l’homme est tombé, sa chute est inexprimable. Et la Très Sainte Mère de Dieu, en engendrant le Seigneur Christ, a enfanté le salut du monde. D’où la multitude de prières, la multitude d’hymnes qui sont adressés à la Très Sainte Mère de Dieu dans l’Église orthodoxe.

vendredi 1 septembre 2017

Passe derrière moi, Satan, homélie

L'évangile de ce dimanche est la suite de celui de dimanche dernier, qui nous rapportait la confession de foi de saint Pierre et les promesses que Jésus lui fit en retour. Mais aujourd'hui le ton de Jésus à l'égard de son apôtre est tout à fait à l'opposé de celui de dimanche dernier. Jésus ne dit plus que Pierre parle sous l'inspiration du Père céleste, mais sous celle de Satan. Pierre, tout pape qu'il soit, reste donc un homme comme les autres. Tous nous devons dans notre vie chrétienne opérer ce que Saint Ignace de Loyola appelait le discernement des esprits. Lorsqu'une pensée germe dans notre esprit, il faut discerner si elle vient du bon esprit ou du mauvais. Pierre a reconnu en Jésus, le Christ, le Fils du Dieu vivant, mais maintenant il refuse l'idée d'un Christ qui sauverait le monde par ses souffrances et par une mort humiliante. La foi de Pierre est réelle mais elle n'est pas encore parfaite et complète. Ce n'est qu'avec le don du Saint-Esprit à la Pentecôte, que tout deviendra enfin clair pour lui. Il deviendra alors vraiment apôtre du Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde.

dimanche 27 août 2017

La confession de foi de saint Pierre, homélie


Homélie prononcée à la paroisse de Conneux (Ciney), à la messe anticipée du samedi soir, le 26 août 2017.

Depuis plusieurs mois déjà, Jésus parcourait la Galilée. Il annonçait l’Évangile, guérissait les malades, chassait les démons, pardonnait les péchés. Il donnait ainsi des signes de sa mystérieuse origine et de la venue du Royaume. Il avait appelé ses apôtres, les avait instruits, formés et envoyés en mission dans les villages. Ceux-ci apprenaient ainsi à connaître de mieux en mieux qui était vraiment Jésus. Et nous en arrivons à un tournant capital de la vie de Notre Seigneur, le moment où il va interroger ses compagnons sur leur foi personnelle : Pour vous qui suis-je ?
Saint Pierre va répondre au nom de tous : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Pierre adhère ainsi au Christ, reconnaît qu'il est le Messie attendu par Israël. C'est la foi de l’Église que Pierre proclame, la foi qui est encore la nôtre aujourd'hui. Car si nous sommes ici, c'est bien parce que nous croyons, que cet homme qui est passé parmi nous, Jésus de Nazareth, est le Fils éternel de Dieu, qu'il est Dieu, créateur du ciel et de la terre, avec son Père et le Saint-Esprit, qu'il s'est fait homme pour venir nous faire connaître le mystère de Dieu et son dessein sur les hommes et pour donner sa vie, afin que nos péchés soient pardonnés et que nous recevions ainsi la vie éternelle.

samedi 5 août 2017

Transfiguration, homélie

Homélie prononcée à la paroisse de Montgauthier (Rochefort) le 6 août 2017.

Jésus prend avec lui à l'écart sur une haute montagne trois de ses apôtres. Nous aussi Jésus nous invite parfois à nous mettre à l'écart, pour être seul en sa divine compagnie, pour un temps de prière et de méditation. Élisabeth Leseur, dans son cahier de résolutions, avait écrit ceci : « La méditation est nécessaire à mon âme ; c'est l'aliment quotidien, sans lequel ma vie spirituelle s'affaiblirait. La méditation prépare le labeur du jour ; être seule à seul avec Dieu nous aide ensuite à être au milieu des hommes et à leur distribuer un peu de notre provision matinale ».
Jésus fut transfiguré devant ses trois disciples. Une lumière surnaturelle émana de toute sa personne. Dans les icônes orientales, une auréole de lumière entoure les visages des saints. C'est la lumière de leur sainteté. Mais dans le cas du Christ, il y a trois lettres écrites en grec dans l'auréole : O Ôn, ce qui veut dire « Celui qui est », le nom sous lequel Dieu s'est révélé à Moïse. Cela signifie que la lumière qui émane de Jésus n'est pas seulement la lumière de la sainteté, mais celle de la divinité éternelle. Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, comme nous allons encore le proclamer dans le credo.

vendredi 4 août 2017

Le curé d'Ars

En cette fête de saint Jean-Marie Vianney, je vous partage une dizaine de paroles du saint Curé:

« Allez de monde en monde, de richesse en richesse, vous ne trouverez pas votre bonheur. La terre entière ne peut pas plus contenter une âme immortelle qu’une pincée de farine, dans la bouche d’un affamé, ne peut le rassasier. »

« La prière est une rosée embaumée ; mais il faut prier avec un cœur pur pour sentir cette rosée. »

« La Miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé : elle entraîne les cœurs sur son passage. »

« Nos fautes sont des grains de sable à côté de la grande montagne des miséricordes de Dieu. »

« On n’entre pas dans une maison sans parler au portier ! Eh bien, la sainte Vierge est la portière du Ciel ! »

« Celui qui a conservé l’innocence de son baptême est comme un enfant qui n’a jamais désobéi à son père. »

samedi 29 juillet 2017

La parabole du filet jeté à la mer, homélie

La parabole du filet jeté à la mer rappelle celle de l'ivraie et du bon grain, que nous avons entendue dimanche dernier, puisqu'elle nous parle du jugement dernier qui aura lieu à la fin des temps : Ainsi en sera -t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise. On parle de fin du monde ou de fin des temps. Cette seconde expression est plus heureuse, car lorsqu'il reviendra dans sa gloire, Jésus ne détruira pas le monde mais le transformera, le transfigurera. Nous le disons dans le credo : il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Beaucoup de mystiques contemporains ont parlé de l'imminence du retour du Christ et du jugement. Pour les gens qui sont installés dans ce monde et qui ne vivent pas pour Dieu, c'est une nouvelle effrayante, catastrophique. Mais pour ceux qui vivent dans l'attente ardente du retour du Christ, c'est au contraire une très bonne nouvelle, qui les remplit de confiance et d'espérance. Décrivant ce jour du jugement, le prophète Habacuc disait déjà : Tu es sorti pour sauver ton peuple... Je frémis d'être là, d'attendre en silence le jour d'angoisse, qui se lèvera sur le peuple dressé contre nous... Je bondis de joie dans le Seigneur, j'exulte en Dieu, mon Sauveur.

samedi 22 juillet 2017

La parabole de l'ivraie, homélie

La parabole de l'ivraie n'offre guère de difficultés de compréhension, puisque Notre Seigneur lui même en a fourni l'explication, comme il l'avait déjà fait pour la parabole du semeur. Le semeur c'est Jésus, le Fils qui est venu en ce monde de la part du Père pour nous annoncer la Bonne Nouvelle. Le champ, c'est le monde. Le bon grain ce sont ceux qui ayant accueilli l’Évangile vivent dans la grâce de Dieu une vie d'amour de Dieu et du prochain. L'ivraie ce sont ceux qui vivent dans le péché, ceux qui, comme l'a dit l'ange qui est apparu aux trois bergers de Fatima, ne croient pas , n'adorent pas, n'espèrent pas et n'aiment pas Dieu. Au lieu d'être les enfants de Dieu, ils sont les fils du diable. La moisson c'est la fin des temps, quand Jésus apparaîtra dans sa gloire, et les moissonneurs ce sont les anges qui escorteront le Christ lorsqu'il reviendra.

vendredi 9 juin 2017

Dimanche de la Trinité homélie

Souvent nous devrions remercier le Seigneur dans notre prière de nous avoir faits chrétiens, de nous avoir donné la foi catholique, la connaissance de Dieu et de son mystère trinitaire. Oui, quel Dieu magnifique est le Dieu en lequel nous croyons : Dieu unique en trois personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit.
Dans la première lecture, Dieu se révèle comme un Dieu tendre et miséricordieux. Dieu avait dit, la première fois qu'il était apparu à Moïse, qu'il était Celui qui est. Cela veut dire que Dieu est le seul être qui existe par lui-même, qui soit éternel. Nous, nous existons parce que nous avons été créés, parce que nous avons été désirés par Dieu, parce que nous sommes aimés de Dieu. Dieu est non seulement l'être éternel, que nous devons adorer, mais il est aussi l'amour éternel, que nous devons aimer en retour et en qui nous devons avoir une totale confiance.
C'est ce que saint Jean nous dit dans l'évangile : Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. A l'origine, Dieu avait créé l'homme pour qu'il soit heureux sur la terre et qu'ensuite il jouisse de Dieu dans l'éternité. Mais l'homme a désobéi et s'est détourné de l'amitié divine. Le péché est entré dans le monde et avec lui la souffrance et la mort. Mais Dieu n'a pas rejeté l'homme. Il a envoyé son Fils, comme Sauveur, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais obtienne la vie éternelle.

lundi 5 juin 2017

Satan, mythe ou réalité

Saint Michel archange
Dans le journal espagnol El Mundo, a paru il y a quelque temps une interview du nouveau général des jésuites. Le « pape noir », vers la fin, dit cette chose troublante : « Hemos hecho figuras simbólicas, como el diablo, para expresar el mal ». Si je comprends bien, le diable serait une invention humaine pour symboliser le mal. Peut-être s'est-il mal exprimé et des rectifications vont-elles être apportées dans les jours qui viennent. Peut-être au contraire n'y aura-t-il aucune réaction de ceux qui sont chargés de défendre le dépôt de la foi. Quoi qu'il en soit, de tels propos sont contraires à la Sainte Écriture et à la tradition de l’Église. Que signifient encore les exercices spirituels de saint Ignace, qui nous aident à discerner entre les pensées qui viennent du Saint-Esprit et celles qui viennent du démon ? Que signifient les homélies du pape François qui régulièrement nous parlent du diable et de ses ruses ?
Pour mieux comprendre les signes des temps et avoir une perception plus juste de l'histoire de l’Église à notre époque, dans sa dimension surnaturelle et invisible, je voudrais rappeler trois faits.

samedi 27 mai 2017

Dimanche après l'ascension homélie

Le soir du Jeudi-Saint, Jésus quitta le cénacle pour se rendre au jardin des oliviers. A un moment donné, il s'arrêta sur le chemin, et, levant les yeux au ciel, il pria son Père. C’est ce qu'on appelle la prière sacerdotale de Jésus, dont on vient de nous lire le début dans l'évangile de ce jour.
Jésus voit déjà plus loin que les souffrances de sa passion qui va commencer dans quelques instants avec son agonie au jardin des oliviers. Il voit déjà la gloire qui sera la sienne, sa résurrection et son ascension auprès du Père. Cette glorification à venir, Jésus la demande, à son Père, comme s'il disait ceci : puisque j'ai accompli sur la terre l’œuvre pour laquelle tu m'as envoyé, il faut maintenant que je sois récompensé, par la glorification de cette nature humaine que j'ai prise en descendant dans le monde des hommes. Jésus demande la gloire du ciel pour son humanité à lui, mais aussi pour toute l'humanité, pour nous tous.

mercredi 24 mai 2017

Paroles de connaissance

Hier, j'ai participé à une réunion de prière charismatique dans la petite ville voisine de Rochefort, le groupe Paix et miséricorde.
Je vous partage quelques paroles de connaissance que nous avons reçues:
"C'est dans la douceur et la tendresse que je rebâtirai mon Eglise afin qu'elle rayonne sur toute la terre. Je vous aime mes enfants car vous êtes un petit morceau de mon Eglise"
"Vous allez être renouvelés entièrement. Est-ce que vous acceptez cette puissance gigantesque?"
"Sois parfait comme je le suis. Abandonne et tu verras ma Gloire"
"Dans mes plaies qui sont des portes de guérison, vous pouvez tout déposer"
"Vous avez toutes les armes pour combattre contre les attaques du malin"
"Par le chant en langues vous entrez déjà dans l'éternité bienheureuse"
"Loue, mon enfant, et tu seras surprise"

samedi 6 mai 2017

Marthe Robin et les élections françaises

Demain, c'est le second tour des élections présidentielles en France. Les catholiques sont divisés face à ce choix crucial. Certains vont voter blanc, car aucun des deux candidats ne leur convient totalement. D'autres voteront pour le moins mauvais, et cela à contre cœur. Quoi qu'il en soit le désarroi est grand. Des temps encore plus difficiles s'annoncent, avec le risque réel d'une bipolarisation encore plus grande. C'est là le grand point faible d'un système dans lequel un pays se coupe en deux à chaque échéance électorale. Le système ne donne en effet aucune garantie que le meilleur gagne nécessairement. C'est probablement le contraire qui arrive le plus souvent. Les forces d'argent et les forces médiatiques sont souvent plus puissantes que le bon sens et le discernement.
Marthe Robin avait pressenti cela depuis longtemps. Aussi il me semble intéressant de vous rapporter ce qu'elle a dit à deux reprises sur ce sujet. Ces paroles nous poussent dans deux directions : celle du réalisme face à la décadence politique actuelle, et en même temps une formidable espérance pour l'avenir.

Au Père Yannick Bonnet qui, en avril 1973, était allé voir Marthe Robin pour lui demander son
avis sur la dégradation sociale et morale de la France, elle a dit :
Ce n'est rien à côté de ce qui va arriver. Vous n'imaginez pas jusqu'où l'on descendra ! Mais
le renouveau sera extraordinaire, comme une balle qui rebondit ! Non, cela rebondira
beaucoup plus vite et beaucoup plus haut qu'une balle !

Elle avait dit, trente ans auparavant, au Père Finet, le co-fondateur des Foyers de Charité, en
1936 :
La France tombera très bas, plus bas que les autres nations, à cause de son orgueil et des
mauvais chefs qu'elle se sera choisis. Elle aura le nez dans la poussière. Alors elle criera vers
Dieu, et c'est la Sainte Vierge qui viendra la sauver. Elle retrouvera sa mission de fille aînée de
l’Église et enverra à nouveau des missionnaires dans le monde entier.

mardi 28 mars 2017

Avortement et miséricorde de l'Eglise

On reparle à nouveau de la position de l'Eglise face au douloureux problème de l'avortement. En Belgique ces derniers jours, avec l'étrange position adoptée par les autorités de l'université catholique (?) de Louvain, la question refait surface. Aussi je vous propose les réflexions d'un prêtre de la base, qui entend rester fidèle à l'enseignement de Jésus et de son Eglise, et qui dans son ministère pastoral a été amené plusieurs fois à rencontrer des femmes qui ont pratiqué l'interruption volontaire de grossesse.

vendredi 24 mars 2017

L'annonciation homélie

Cette homélie est censée être prononcée dans une église byzantine. Cela explique les remarques faites au début, face à un public qui a sous les yeux les fresques traditionnelles de ce type d'église. 

Cette fête que nous célébrons aujourd’hui ne constitue pas le commencement de l'année liturgique, comme le fait la fête de la nativité de la Mère de Dieu, le 8 septembre. Du moins est-ce quand même la première des fêtes qui a son origine dans l’Évangile. C'est le commencement de l’Évangile. Juste au-dessus de l'iconostase, sur le mur de l’abside centrale, nous avons à gauche l'archange Gabriel et à droite la Vierge de Nazareth. Puis en tournant le long des murs de la nef dans le sens des aiguilles d'une montre, nous avons le déploiement de toute l'année liturgique : l'enfance du Christ, son baptême, sa transfiguration, sa passion et sa résurrection. Et dans le sanctuaire, l'ascension et finalement la pentecôte. Tout commence et finit dans le Saint-Esprit. A l'annonciation, il descend sur Marie pour qu'elle devienne la Mère de Dieu. A la Pentecôte il descend sur les apôtres et sur le cosmos tout entier pour faire naître l'Eglise, corps du Christ et temple de l'Esprit.

lundi 20 mars 2017

La liturgie dominicale, temps de fête et de repos, article pour la revue Radouga




La profanation du dimanche

En 1846, eut lieu à La Salette, en France, l'une des apparitions de la Sainte Vierge, reconnues par l’Église. La Mère de Dieu donna aux deux petits bergers, Mélanie et Maximin, un message de pénitence, dont voici les premières paroles : Avancez, mes enfants, n’ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle. Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je ne puis plus le maintenir. Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. Pour vous autres, vous n’en faites pas cas ! Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous autres. Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l’accorder. C’est ça qui appesantit tant le bras de mon Fils.
En écho aux paroles de certains prophètes de l'ancien testament, qui dénonçaient déjà ce péché, Notre-Dame fait au peuple de Dieu en notre temps le reproche de la profanation du jour du Seigneur. Hélas la situation s'est encore dégradée dans ce domaine de nos jours et il est urgent que les chrétiens redécouvrent toute une spiritualité du dimanche, pâque hebdomadaire, qui rythme toute l'année liturgique.

lundi 13 mars 2017

Prière de délivrance et de guérison intérieure

A ceux qui souffrent d'un lien tyrannique avec le mal ou le mauvais esprit, ou avec une addiction, voici une prière de délivrance et de guérison intérieure, efficace et puissante. Ils peuvent la dire régulièrement. Toutefois il serait bon aussi d'en parler à un prêtre pour faire un discernement sur leur situation. Voici cette prière:



Seigneur Jésus,
que l'amour de ton cœur m'envahisse.
Apprends-moi à me souvenir que,
si je suis venu au monde,
c'est parce que j'ai été désiré par toi
et que je suis infiniment aimé de toi.

Rencontre ma vie
depuis le commencement où je fus conçu jusqu'à ce jour.

Jésus, par tes saintes plaies,
Guéris-moi de toute blessure
qui a atteint mon cœur, ma sensibilité, ma mémoire,
mon imagination, mon intelligence et ma volonté.

Libère mon être de tout lien, de toute chaîne
qui me rend esclave du mal.

Par ton Esprit Saint,
je veux vivre libre et joyeux à ton service
et à celui de mes frères.

Jésus, pour la gloire du Père et par les mains de Marie,
je me donne tout entier à toi, corps, âme et esprit.

Merci, Jésus, de m'avoir créé par amour
et d'être mort sur la croix pour le pardon de mes péchés.
Merci pour toutes les grâces reçues depuis ma naissance,
et merci pour le ciel que tu me donneras.
Amen.  

Une session charismatique

Je reviens de deux journées d'une session charismatique de louange et de guérison pour enfants et leurs parents. Cela m'a permis de prendre un peu la température de notre Église. La session avait lieu dans un lieu où vivent des religieux âgés ou malades. J'ai eu des contacts avec ceux-ci aussi bien qu'avec les participants de la session.
Quelles conclusions tirer des conversations auxquelles j'ai pris part ? D'abord beaucoup de témoignages désabusés sur la situation actuelle de l’Église de la part des religieux qui nous accueillaient : plus de vocations, une pratique religieuse vieillissante et en baisse constante. La sécularisation ne cesse de s'affirmer. Ainsi un home proche pour personnes âgées, qui portait un nom chrétien, y a renoncé récemment pour adopter un nom plus neutre. Pax Christi vient aussi de changer son nom en Be.Pax. Les religieux en question craignent eux-mêmes de devoir aller bientôt dans une maison de repos, où, semble-t-il, ils ne disposeront plus d'une chapelle. Et tant d'autres choses furent dites qui vont dans le sens d'une apostasie qui se généralise et d'une confusion au sein même de l’Église.
Et puis, il y eut tant de belles choses, prometteuses d'un avenir meilleur, dans la session des enfants et de leurs parents. Des petits et des grands qui vivent en profondeur le sacrement de la réconciliation. Des enfants initiés à l'adoration du Saint Sacrement et à la prière du rosaire. Des adultes qui se sont relayés jour et nuit devant le Saint Sacrement pour la louange et l'intercession. De nombreuses grâces de délivrance et de guérison. Une écoute patiente et priante de tant de souffrances humaines, de la part des accompagnateurs, prêtres, religieuses et laïcs.
Alors que dire ? La situation est bien contrastée. D'une part, la mort spirituelle, d'autre part, la vie de l'Esprit. Oui la crise est réelle mais l'avenir de l’Église est entre les mains de Dieu.
Je conclus par ce que m'a dit un des prêtres accompagnateurs de la session. La crise est grave, et pourrait s'aggraver, au point qu'à un moment donné, tout humainement semblera perdu. Alors ce sera l'intervention directe, inattendue et miraculeuse de Dieu, qui semble dormir pour l'instant au fond de la barque de Pierre. Un renouveau extraordinaire s'ensuivra et fera notre émerveillement.
Par notre prière, notre silence et notre fidélité, que soit hâtée la venue de ce jour. Gardons confiance et restons calmes.

Homélie pour le deuxième dimanche de carême

Dans la première lecture, la Genèse nous rapporte la vocation d'Abraham. Dimanche dernier, nous avions le récit de la tentation d'Adam et Eve. Au début de son histoire, l'homme a douté de Dieu et n'a pas fait confiance à sa parole. Aujourd'hui au contraire nous voyons chez Abraham une totale confiance en Dieu. Il est devenu ainsi le père des croyants et l'histoire du salut, c'est-à-dire du retour à la foi et à la confiance en Dieu de toute l'humanité, a été lancée. L'essentiel pour nous dans notre vie est en effet de toujours faire confiance en Dieu. Abraham avait 75 ans et n'avait eu aucun enfant. Humainement tout était fini pour lui. Mais il fit confiance et devint ainsi le père d'une multitude. Il sera pour toujours le modèle de notre foi.
Dans la seconde lecture, arrêtons-nous à cette affirmation de saint Paul : Jésus, notre Sauveur, a détruit la mort. C'est ce que nous célébrerons le jour de Pâques. Mais pourtant la mort existe encore. Nous mourrons tous un jour. Jésus, par le salut qu'il nous a apporté, n'a en effet pas supprimé la mort biologique. Mais comme le dit si bien la préface des défunts, la vie n'est pas enlevée, elle est transformée. Pour celui qui croit, la mort n'est pas un anéantissement mais un passage vers Dieu et la vie éternelle. Depuis la résurrection du Christ, la mort ne nous sépare plus de la vie éternelle de Dieu.

Le pape, les divorcés remariés et le célibat sacerdotal

Une correspondante m'a fait part de ses perplexités face au pontificat actuel. Elle est troublée entre autres choses par la modification de la discipline concernant les divorcés remariés et par la rumeur selon laquelle la loi du célibat pour les prêtres pourrait être remise en cause. Je lui ai adressé cette brève réponse, que je crois utile de vous partager:

Il faut faire confiance à Dieu. L'avenir de l’Église est entre ses mains. Personnellement je pense que la crise actuelle va s'aggraver. Mais quand tout sera perdu humainement, Dieu interviendra et la tempête s'apaisera. C'est ce que la Vierge a promis à Fatima: à la fin, mon cœur immaculé triomphera et un temps de paix sera donné au monde. En attendant il nous faut nous réfugier dans la prière et rester calme. Dire notamment avec ferveur le verset du Notre Père: Que ton règne vienne.
Pour l'ordination d'hommes mariés, attendons la décision. Même si cette décision n'est pas judicieuse, Dieu saura en tirer du bien. Personnellement je suis pour qu'on maintienne le célibat des prêtres. Mais d'un autre côté je préfère que la messe soit célébrée par un prêtre marié, qui aurait vraiment l'esprit liturgique, plutôt que de voir une multiplication de célébrations faites par des laïcs, dont certains ne sont pas du tout compétents.
Les divorcés pourraient communier, à condition d'être en état de grâce (la communion en état de péché mortel ne pourra jamais être autorisée par l’Église, car elle est contraire à la volonté de Dieu, telle qu'on la trouve dans la Bible), mais seulement là où il n'y aurait aucun scandale, par exemple en dehors de leur paroisse.
Quant au pape, beaucoup de gens sont perplexes. N'oublions pas que le pape n'est infaillible que dans son magistère (lorsqu'il enseigne la foi de l'Eglise). Il ne l'est pas dans ses actes de gouvernement. Il est donc important de prier pour le pape, afin qu'il discerne toujours mieux la volonté de Dieu. Personnellement je dis pour lui et pour l'Eglise la prière à Saint Michel archange, afin que les forces démoniaques, qui sont à l'oeuvre dans l'Eglise aujourd'hui, soient terrassées et que l’Église sorte de la crise actuelle.

dimanche 5 mars 2017

Les tentations du Christ, homélie

L'évangile de ce dimanche nous rapporte les tentations du Christ au désert. Elles eurent lieu tout de suite après le baptême de Jésus au Jourdain. Cela nous éclaire sur notre propre situation de baptisé. Après le baptême, la vie du chrétien est en effet une tentation qui va durer toute la vie, jusqu'à la mort. Le diable en effet va tout faire pour nous faire perdre cette vie divine que nous avons reçue au baptême et la vie chrétienne sera donc un combat perpétuel.
Par les tentations qu'il a subies au désert, le Fils de Dieu a d'une manière spéciale mérité pour nous la grâce de résister victorieusement aux séductions de l'esprit du mal.
Mais il y a une grande différence entre les tentations du Fils de Dieu et nos tentations humaines. Jésus était la sainteté et l'innocence mêmes. En son cœur, aucune forme de mal n'était présente. Dans son cas, les tentations ne venaient que du diable, de l'extérieur. Chez nous, notre cœur est marqué par le péché originel. Il y a en nous la convoitise ou l'agressivité, le mal est en nous et nos tentations proviennent de l'intérieur. Le diable va donc utiliser nos mauvaises tendances pour nous perdre.

vendredi 3 mars 2017

Paroles de sœur Lucie de Fatima

Lu sur Aleteia.org ces quelques paroles de sœur Lucie de Fatima:


Le Rosaire

« Quand des amants se retrouvent, ils passent des heures et des heures à répéter la même chose : “Je t’aime !” À ceux qui pensent que le Rosaire est monotone, il manque une chose : l’Amour. Et tout ce qui n’est pas fait par amour ne vaut rien. »

« La Vierge la plus sainte a, en ces temps où nous vivons, donné une efficacité nouvelle à la récitation du Rosaire à tel point qu’il n’y a pas un problème, même des plus difficiles, temporel mais surtout spirituel, nous touchant dans nos vies personnelles ou dans nos familles… qui ne puisse être résolu par le Rosaire. Il n’existe pas de problème, je vous le répète, même le plus difficile qui soit, qui ne puisse être résolu par la prière du saint Rosaire. »

« Puisque nous avons tous besoin de prier, Dieu attend de nous, comme une sorte de redevance quotidienne, une prière qui soit à notre portée : le Rosaire, qui peut être récité en groupe ou en privé, à l’Église en présence du Saint-Sacrement ou à la maison, en famille ou bien seul, en voyage ou en se promenant dans les champs. Une mère de famille peut dire le Rosaire en berçant son enfant ou en accomplissant les tâches ménagères. Nos journées comptent 24 heures. Ce n’est pas beaucoup demander que de dégager un quart d’heure pour sa vie spirituelle, pour une conversation intime et familière avec Dieu. »

dimanche 26 février 2017

La Divine Providence homélie

La Providence (Matthieu 6, 22-33)

Dans l’évangile de ce dimanche, nous avons un enseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la Divine providence. Le Bon Dieu non seulement nous a créés, mais en outre Il veille sur nous et s’occupe de chacun d’entre nous, comme le meilleur des pères. L’existence de cette Divine Providence est un enseignement formel de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est un dogme de la foi catholique. Et cependant pour la plupart des gens, c’est dans la pratique une vérité à laquelle on ne croit guère. On admet certes que Dieu a tout créé, mais ensuite tout est livré au hasard et à la seule liberté de l’homme. Cette vision des choses nous conduit à l’orgueil ou au désespoir. Tout autre est l’enseignement de l’Evangile. Essayons donc de rappeler quelques vérités fondamentales sur ce sujet.
La première vérité c’est que le Bon Dieu nous aime réellement. Ce n’est pas pour rien que l’on dit « le Bon Dieu ». Son amour pour nous est sans limite. Nous sommes ses enfants et Il veut nous rendre participants de sa vie et de sa nature divines. Il nous a créés pour le connaître, l’aimer et le servir en cette vie, et pour jouir de Lui dans la vie éternelle. Il nous a créés pour sa gloire, et c’est pourquoi nous chantons : Nous te rendons grâce pour ton immense gloire.

vendredi 10 février 2017

Jean Guitton et la crise actuelle

Suite à des commentaires reçus à propos de mon dernier article, je voudrais préciser qu'en parlant de conservateurs et de progressistes, je n'ai fait qu'utiliser une terminologie courante dans la presse actuelle. La crise actuelle de l'Eglise est d'une nature beaucoup plus grave que les crises du passé. Il s'agit d'un affrontement entre la foi catholique et l'apostasie pure et simple. A ce sujet voici ce que Paul VI confiait à son ami Jean Guitton: “Il y a un très grand trouble en ce moment dans le monde et dans l’Église, et ce qui est en question, c’est la foi. Il arrive maintenant que je me redise la phrase obscure de Jésus dans l’Évangile de saint Luc : ‘Quand le Fils de l’Homme reviendra, trouvera-t-il encore de la foi sur la terre ?’ Il arrive que paraissent des livres où la foi est diminuée sur des points importants, que l’épiscopat se taise, qu’on ne trouve pas ces livres étranges. Et c’est cela qui, à mes yeux, est étrange. Il m’arrive de relire l’Évangile de la fin des temps et de constater qu’il y a en ce moment certains signes de cette fin. Est-ce que nous sommes proches de la fin ? c’est ce que nous ne saurons jamais. Il faut toujours nous tenir prêts à la fin, mais tout peut durer très longtemps. Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique, c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non-catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Église. Il faut que subsiste un petit troupeau, même si c’est un troupeau tout petit”. Il se tait, puis il dit : “Ce qui manque au catholicisme en ce moment, c’est la cohérence”, et il répète plusieurs fois ce mot « cohérence ». Il semble dire: “C’est au Pape qu’il appartient de redresser, de réunir, de rendre cohérent ce qui est incohérent”. Il se tait. » (Jean Guitton, Paul VI secret, pp. 168-169.)

mercredi 8 février 2017

Conservateurs et progressistes dans l'Eglise

Extrémistes et modérés

En lisant les sites qui commentent l'actualité religieuse, depuis déjà pas mal d'années, on peut constater une opposition au sein de l’Église entre deux courants ou sensibilités. Certains prônent une évolution incessante de l’Église, une adaptation aux réalités du monde contemporain, une ouverture aux autres confessions ou religions, un engagement en politique qui valorise les valeurs de la gauche, une liturgie proche du peuple. D'autres par contre veulent la fidélité à la doctrine, une critique serrée du monde actuel, une affirmation claire du seul salut en Jésus-Christ, au sein d'une seule et vraie Église du Christ, un combat politique pour la défense de la vie et de la famille, une liturgie qui ait le sens du sacré, de l'adoration et du silence.

samedi 28 janvier 2017

Les béatitudes homélie

Jésus avait choisi ses 12 apôtres dans le dessein formel de les envoyer prêcher la bonne nouvelle au monde entier. Il fallait donc qu'il les instruisît sur cette bonne nouvelle à annoncer. C'est ce qu'il fit sans tarder dès le début de son ministère. Le premier grand sermon que Jésus prononça est le sermon sur la montagne et il commence par la proclamation des 8 béatitudes.
En parlant alors comme il le fit, Jésus a voulu nous donner les lois fondamentales du véritable bonheur. Ces principes du vrai bonheur avaient été corrompus par les passions du paganisme et par les préjugés du judaïsme. Ces lois du vrai bonheur sont encore aujourd'hui ignorées et méprisées par le monde. Notre monde est en effet dominé par ces fausses valeurs que sont le pouvoir, l'argent et la recherche effrénée des jouissances de cette vie. L’Évangile au contraire nous parle d'humilité, de pauvreté et de pureté.

samedi 14 janvier 2017

Sacrement des malades et pastorale de l'Eglise envers les malades, article à paraître dans Radouga

Le Christ face à nos souffrances

Notre-Seigneur Jésus-Christ est venu en ce monde pour nous apporter la divine miséricorde du Père éternel sur toute la misère humaine : le mal, le péché, la souffrance, la maladie et enfin la mort. Nous le voyons à l’œuvre dès le commencement de son ministère en Galilée. Nous le voyons pardonner et remettre les péchés, nous le voyons expulser le démon, nous le voyons aussi imposer les mains aux malades pour qu'ils se sentent mieux. Le péché est une maladie de l'âme, mais la maladie du corps n'est pas elle non plus oubliée par Jésus. Il donne toute son importance à la guérison des maladies corporelles. Jésus a associé les deux facettes de son ministère, lors d'une controverse avec les pharisiens, au moment de la vocation de saint Matthieu : Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs (Mc 2, 17).